Ciel, mon chantier !

28 janvier 2020

Tic tac tic tac tic tac....

Le temps passe, et nous devrions être beaucoup plus avancés par rapport au planning initial.

  • Les ouvertures sont faites mais les menuiseries ne sont pas toutes en place. Initialement nous devions être hors d'eau / hors d'air avant Noel.
  • L'électricité et la plomberie sont loin d'être finies au RdC, retardant le travail des platriers et la mise en place les cloisons. 
  • => le cuisiniste ne peut donc pas passer prendre ses mesures, comme prévu au départ fin janvier.
  • Le sous-sol est intact côté studios, il devrait aussi être commencé.
  • Sur l'exterieur, le remblai prend enfin forme, mais il n'est pas encore terminé. Il retarde aussi les autres corps de métier.

Bon, le coin est toujours aussi beau, c'est l'avantage...

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Janvier 2020 : qui va piano... va piano !

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10 octobre 2019

Open-space

Ce matin, le "sas" qui permettait d'accéder à l'escalier et de circuler entre les étages a disparu. La pièce gagne en clarté, et encore la fenêtre prévue en fond d'escalier n'a pas encore été percée. On respire beaucoup mieux (enfin si on fait abstraction des nuages de poussière de démolition), la pièce prend toute son ampleur !

 

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Le dernier carrelage en date pressenti pour habiller le sol, avec un panneau de porte de cuisine.

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Vue depuis l'escalier :

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La terrasse repousse aussi ses limites :

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08 octobre 2019

Plans

Aspect final de la maison, successivement (de haut en bas et de gauche à droite) vues Sud 1 et 2, puis Nord, et Est :Capture d’écran 2019-10-08 à 22

 

 

Les plans en 2D 

le sous-sol :

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le rez-de-chaussée :

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Le premier étage : 

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De l'air

Les travaux intérieurs peuvent commencer, c'est le moment de changer les ouvertures et quelques cloisons.

La terrasse couverte :

 

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La salle à manger :

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Et les chambres de l'étage :

 

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11 juillet 2019

Serait-il possible de faire un peu de ménage ?

Soucieux de recevoir famille et amis à peu pres correctement cet été, et alors que les travaux ont pris un retard considérable pour diverses raisons, nous avions émis le souhait que le terrain sur l'arrière soit légèrement désencombré. Voici comment il était, une fois la dalle de la future terrasse coulée :

 

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"Serait-il possible d'enlever les morceaux de bois et le tas de sable ?".

Voici le résultat, dix jours plus tard, alors que tout devrait être fini :

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Finalement, on préférait avant...

 

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Vamos a la playa

2019, on remet l'IPN. C'est reparti pour des travaux, cette fois-ci dans les Landes, avec comme ambition de transformer une maison massive à fort potentiel en conviviale résidence de vacances pour accueillir famille et amis.

Nous cherchions une maison de plain-pied pour un budget raisonnable, entre terre et mer.

Nous avons répondu à un tiers du cahier des charges. Mais le potentiel est là, alors vamos a la playa !

La situation de départ :

Implantation sur le terrain :

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Facade Sud

facade Sud

 

Facade Est

coté Est

 

Terrasse couverte côté Ouest

terrasse vers nord

 

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21 juin 2012

3eme partie


Jeudi 22 juillet

 

Au volant de notre 4x4 blanc neige, nous partons direction Canyonland pour effectuer une boucle comprenant Gemini Bridges, puis route 313 sur une courte portion, Shafer Trail et Potash Road pour sortir du parc plus au sud que notre point d’entrée.

 Les premiers tours de roue sont un peu hésitants, puis rapidement Christophe trouve son rythme, encouragé par les enfants qui ne demandent que de la vitesse et des cahots. Ils vont être servis ! Au premier arrêt photo, où nous retrouvons un autre 4x4, le vent souffle très fort et chipe la casquette d’Arthur pour la déposer 2m en contrebas, dans une pente escarpée et surtout très friable. Nous réussissons à la récupérer, mais l’alerte rendra les porteurs de casquette plus prudents les prochaines fois. Il n’est pas question de se passer d’un couvre-chef dans le coin. Un « Can’t you take a photo » plus tard, nous reprenons la route. Enfin, le chemin.

Nous sommes trois ou quatre véhicules sur le circuit, dans sa première partie, ce qui nous permet aussi de prendre nos marques, d’observer la « concurrence » et de voir les meilleures tactiques à adopter en fonction du relief. Puis nous bifurquons vers la 313 et nous nous retrouvons tout seuls.

Nous quittons le parc de Dead Horse Point après visite au fameux point de vue du même nom, mais en contrebas par rapport à l’endroit officiel, si bien que le Colorado nous est en partie dissimulé par le relief. Qu’importe, la musique de « Thelma et Louise » trouve quand même son chemin jusqu’à nos oreilles. Nous entrons dans le parc de Canyonland, et bifurquons sur la gauche pour prendre le Shafer Trail, petite route sinueuse sur notre plan. Nous découvrons alors une route à flanc de montagne, très belle et très impressionnante. Nous voilà engagés, il faut donc continuer. Aucune protection, dans les virages un peu plus d’espace pour circuler. Ce qui nous permet de croiser les véhicules qui montent, avec un peu plus d’assurance à chaque fois. Le point de vue est… inoubliable.

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Nous déjeunons en bas de la montagne, dans un minuscule coin d’ombre offert par des toilettes en dur, seul signe d’une présence humaine.

Le reste du trajet sera plus facile, toujours sur des sentiers impraticables autrement qu’en 4x4, parfois sur de courtes distances dans le lit de rivières asséchées (pour le moment en tout cas), et pour finir le long du Colorado. Un aigle s’envole au passage de notre véhicule. C’est assez réconfortant de se dire qu’il existe encore des endroits comme celui-là, on l’on peut passer une journée et ne pas croiser plus de 15 personnes. Réconfortant et… apaisant. Le sens du mot « déconnecté » prend toute sa force.

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 Bon, comme il faut bien revenir à la civilisation un jour, ne serait-ce que pour racheter des bouteilles d’eau, nous cherchons un coin pour nous baigner. Nous ne trouverons pas sur cette portion de plage assez accessible pour se tremper dans le Colorado et surtout pouvoir remonter sur la rive. Par contre, nous allons tomber sur un spectacle incroyable : des bassins avec des retenues à différents endroits, et de vastes étendues blanches qui ressemblent à du sel. Et c’est bien du sel ! De grandes quantités dont nous nous demandons l’origine dans cette région, et la destination. Une partie de la réponse nous est fournie par la présence d’un train tirant une bonne trentaine de wagons et qui traverse le relief de part en part. Tout cela est bien mystérieux, et ressemble furieusement au cadre idéal pour un film d’espionnage, avec projet secret du gouvernement…

Nous repartons en direction du Red Cliff Lodge, et trouvons une plage pour les locaux où nous pouvons goûter sans danger aux plaisirs de la baignade dans le Colorado. Emma, la chienne border collie et sa copine typée berger allemand Daria seront pour beaucoup dans la réussite de cette baignade.

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Une très bonne journée ! Reste à laver la voiture avant de la rendre, elle a pris une teinte rouge du plus bel effet. De nombreux quarters seront nécessaires pour faire apparaître la couleur d’origine, sous les couches de boue rouge séchées qui se sont agglutinées autour des roues et sous la voiture.

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 Vendredi 23 juillet

 Nous passons la journée entre Canyonland et Arches. Grand View Point Overlook et marche, pour débuter, sous une chaleur plutôt étouffante. Mais cela donne un très bon aperçu du parc, avec les trois niveaux qui le composent dominés par cette « Island in the Sky » où nous nous trouvons. Nous découvrons ainsi la White Rim dans son intégralité.

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Ce parcours, si nous avions voulu le faire, nécessite un 4x4, plus d’une journée et donc un campement le soir dans le parc. Un beau programme… pour une prochaine fois. Nous prenons en photo le Shafer Trail vu du dessus, riant rétrospectivement de notre frayeur durant la descente, et confessant que nous n’aurions peut-être pas pris ce chemin si nous avions su ce qui nous attendait. Et nous aurions raté quelque chose !

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Pique-nique dans un coin aménagé, puis nous faisons notre traditionnelle escale au Visitor Center pour faire provision de magnets et autres cartes postales. Il fait très chaud ce jour-ci, nous reprenons la direction de Arches, avec arrêt à Upheaval Dome, gigantesque cratère dont l’origine serait due à une météorite pour les plus romantiques, à un volcan pour les géologues en herbe. Là encore, la balade sera prise dans sa version courte, il fait encore très chaud en ce milieu d’après-midi.

 Le premier arrêt à Arches sera pour Double Arch, dans la partie «Windows » du parc. Marche dans la fournaise, puis escalade de l’une des deux cavités, pour l’incontournable photo à son sommet, juste en bas de l’orifice du « O ». La montée se révèle plus facile que la descente, mais nous prenons notre temps et tout se passe bien.

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Direction « Delicate Arch », dans « Fiery Furnace ». Un long ruban de lemmings nous précède vers ce que nous croyons à tort être la destination finale. En fait, la marche sera encore longue. Il est prêt de 19 heures quand nous entamons l’ascension, et pourtant le soleil tape encore très dur sur nos peaux, la chaleur n’a pas faibli. Nous arrivons péniblement (surtout moi) jusqu’à l’Eldorado promis. Nous débouchons dans une sorte d’arène en compagnie de nombreux autres touristes, photographes amateurs pour la plupart, plus ou moins éclairés (c’est là que nous verrons le plus de trépied), beaucoup de Français parmi eux. Arêne oblige, le jeu du cirque consiste ici à huer copieusement les « vedettes » qui s’attardent trop sous l’arche pour la photo souvenir. Un pauvre hère, qui avait posé son trépied juste dans l’axe des autres photographes, résistera quelques longues minutes à la vindicte touristique, avant de repartir avec son matériel sous les acclamations de la foule, du pas du dromadaire nonchalant qui consent à se déplacer pour libérer la vue sur les pyramides. En voilà un qui a une bonne résistance à la pression…

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Le coucher de soleil révèlera, sur cette arche magnifique, certes de belles couleurs mais pas l’explosion attendue. La faute sans doute aux nuages qui obscurcissent partiellement le ciel depuis quelques jours, et brouillent la donne. Qu’importe, « we did it ! ».

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Nous repartons, quittant Arches et Moab. Ce soir, pas de réservation de prévue, nous devrons continuer jusqu’à deux heures du matin et Cortez pour trouver un parking de City Market accueillant. Les enfants dorment dans leurs lits, malgré les cahots du trajet. Christophe tient le volant jusqu’au bout, alors que plusieurs fois je lutte pour garder les yeux ouverts. Nous nous sommes ainsi rapprochés de Durango et de Mesa Verde, renonçant à la partie Needles de Canyonland, craignant une baisse de motivation des enfants, bien éprouvés par les balades en plein cagnard.

 

 

Samedi 24 juillet

 

5 heures du mat’. Un biker pur jus vient garer sa moto juste sous nos fenêtres. Nous nous rendormons. Il sera rejoint plus tard par d’autres motards au même look Harley-Davidson, pour une virée entre amis passionnés. Nous faisons quelques courses au City Market, et Christophe goûte au plaisir de son premier vrai expresso depuis notre arrivée ! Nous reprenons la route, direction Mesa Verde. De nouveau, il nous faut engranger des miles (une quinzaine) avant d’atteindre l’entrée réelle du parc. Cela grimpe dur, dur pour le RV. Des forêts d’arbres brûlés bordent la route, comme souvent dans les parcs à certains endroits. Nous verrons un peu plus tard que le parc a été la proie de nombreux incendies, le dernier en date de 2003.

 

Nous choisissons de faire les circuits sans ticket et commençons par le musée, très intéressant et pédagogique. Il retrace les grandes étapes de la civilisation anasazi, depuis la sédentarisation progressive dans les « grottes », l’apprentissage des techniques manuelles comme le tissage, la poterie, la confection d’outils, les perfectionnements en matière d’élevage et de culture, l’irrigation, nerf de la guerre, la domestication des dindes et des chiens, les premières pour leurs plumes et leur viande (les concours de miss n’existaient pas encore), les seconds comme aides à la chasse et compagnons de jeu des enfants. Puis vient le temps des stocks mieux maîtrisés, de l’architecture plus élaborée, des échanges et du commerce avec les autres peuples. Aux tableaux historiques succèdent de grandes vitrines où sont exposés tous les objets qui ont pu être récupérés sur place, un musée qui intéresse tout le monde.

 

Nous découvrons ensuite un des trois sites, celui de « Spruce Tree House », où l’on peut visiter un village partiellement restauré. Nous faisons connaissance avec un couple de californiens et leurs trois filles. Nous sympathisons, échange d’emails, j’espère que nous pourrons discuter par écrit à notre retour. En prenant un peu de recul par rapport au lieu, je m’aperçois d’une étrange analogie : le village d’indiens où nous nous trouvons ressemble furieusement à celui de l’album « Entre Terre et Lumière » de Thorgal. Rosinski et Van Hamme ont dû s’en inspirer pour créer leur histoire. En repartant, sur la Mesa Top Loop, nous nous arrêterons à quelques points de vue sur les falaises d’en face. Dans les cavités que nous découvrons, nous nous attendons à tout moment à voir Thorgal et Pied d’Arbre, prisonniers de leur cage minérale, ou encore Kriss de Valnor s’enfuyant au loin avec son chariot d’or…

 

La visite sera malheureusement entachée d’un accrochage avec une voiture de touristes américains, sur un parking assez étroit où leur arrière de voiture dépassait sur la route quand nous avons tourné un brin trop sec pour les contourner. 9 mètres de RV, ça ne se manœuvre pas comme une Peugeot 205 dans les rues de Paris ! A partir de là, nous basculons dans un épisode des « Experts Mesa Verde ». Je pars, avec le propriétaire de la voiture – un Américain qui a le bon goût d’avoir fait une partie de ses études à Grenoble, et qui donc parle bien français – en chasse d’un représentant de l’autorité pour le constat d’usage. Et dans les parcs, l’autorité, ce sont les rangers. Nous nous adressons à la cahute où j’explique la situation, et le numéro qu’il me faut contractuellement contacter pour ce type de problème. La ranger me met un téléphone à disposition. Rapidement, mes compétences en anglais laissent à désirer, et l’autre conducteur vient à mon aide. L’entretien terminé, il reconnaît effectivement que mon contact avait un accent du Bronx assez prononcé, difficile à saisir. Me voilà un peu réconfortée…

 

Nous repartons vers le lieu de l’accident, pour constater que la patrouille est arrivée avant nous, composée de deux rangers équipés… de gilets pare-balles. Les ours doivent être agressifs dans le coin. Le chef est conciliant bien que procédurier (un pléonasme pour « américain »), quand à son second nous nous félicitons au fur et à mesure que les minutes passent qu’il ne soit pas le chef. Christophe m’informe d’ailleurs qu’Hamster Jovial (ou Crazy Squirrel) a déjà pris l’équivalent d’une croisière de grands-parents en photos, sous tous les angles. Nous nous demandons ce qui se serait passé si l’accident avait été plus sérieux. Nous devons ensuite rédiger chacun séparément notre version de l’incident. Je pars sur un sobre « Crac Boum Hue », apparemment insuffisant. Il me faut développer pour satisfaire à la norme. Je fais appel à mes souvenirs de cours d’anglais. Quelques « right hand side » et « bumped into » plus tard, je rends la copie que je me propose de soumettre au grenoblois. Les rangers s’interposent instantanément, il ne faut surtout pas que nous communiquions.  Tant pis, la syntaxe et l’orthographe y perdront ce que la spontanéité y gagnera. Le chef nous propose alors le deal suivant : payer 50 dollars tout de suite, ou se débrouiller ensuite à l’aéroport. Facile de deviner notre choix. Hamster Jovial prélève la rançon, recopiant notre numéro de carte bleue avec une erreur qui nous voudra par la suite de recevoir un courrier d’une cour américaine directement à la maison, avec mise en demeure de paiement ou engagement de poursuites.

 

Deux heures plus tard, nous sommes libres ! Et soulagés…

 

Nous prenons la route de Durango, un peu dépités par ce contretemps. Là, nous découvrons avec surprise une station de sports d’hiver, quand nous attendions une ville de western typique. Un rapide tour dans la ville permet de découvrir où se tiendra le « team roping » prévu le lendemain. Il s’agit de la capture d’un veau par deux hommes à cheval, le premier l’attrapant au lasso par la tête et le second par les pattes arrières. Le lieu se situe au milieu de terrains de sport. Nous nous installons au camping KOA de Durango, où tout semble avoir été conçu pour être « pets and kids friendly » : courses de canards en plastique dans les cours d’eau qui le traversent, à horaires réguliers, projection de films pour enfants sur les animaux, endroits réservés aux chiens pour la nuit… C’est la première fois que nous voyons cela et c’est une surprise. D’ailleurs, pas mal de chiens promènent leurs maîtres à travers tout le camping.

 

Les humains ne sont pas oubliés, il est possible de commander des pizzas maisons réalisées directement au vu et au su de tout le monde. Nous en profiterons ce soir, elles nous seront livrées directement au RV par un des employés, qui affronte la pluie battante de cette fin de journée au volant de sa voiturette de golf. Pour une fois, la nuit sera fraîche et notre sommeil plus réparateur. Les locaux nous confirmeront le lendemain matin qu’il pleut rarement autant à cette période de l’année. Mais après tout, n’était-ce pas le lieu pour qu’il pleuve « cats and dogs » ?

 

 

Dimanche 25 juillet

 

Nous rejoignons le lieu de la « fiesta », pour découvrir que le parking est partagé par une sorte de brocante des familles, sans prétention mais sympathique. Une quinzaine de stands sont installés, au milieu desquels déambulent quelques curieux. Cela tombe à pic, car le « team roping » a été repoussé jusqu’à une heure non déterminée. On ne sait pas s’il reprendra l’après-midi, le lendemain ou sera totalement annulé. La faute à la pluie torrentielle qui s’est abattue sur la ville depuis hier et toute le nuit, transformant le terrain sur lequel les chevaux devaient évoluer en véritable bourbier. Trop dangereux, nous explique-t-on. Pas de chance ! Nous ne verrons donc pas de rodéo, ni quoi que ce soit d’approchant à Durango cette année.

 

Nous reportons notre attention sur la brocante. Un chiot de sept semaines, des lecteurs MP4 tombés du camion, de grandes affiches Coca-Cola, une selle, un improbable instrument à douze cordes, il y a vraiment de tout et chacun y trouve son compte. Valentin doit renoncer à l’achat d’un DVD, quand nous lui expliquons qu’il n’est par certain que nous puissions le lire à la maison, pour un problème de format. Arthur fait l’acquisition d’une chouette chouette en simili laiton, Capucine d’un fer à cheval et d’un filet en cuir un peu endommagé, Christophe d’outils de bricolage au manche en bois. Je déniche de beaux bijoux indiens, ainsi que des affiches illustrées de Norman Rockwell. Une superbe luge en bois et métal, des bois de cerf nous font également envie, mais par avion…

Nous repartons assez contents de cette intéressante incursion dans le quotidien des Américains. Direction le Walmart pour quelques courses supplémentaires et moins vintage. Nous déjeunons finalement sur le parking d’un bureau de poste, fermé en ce dimanche et bénéficiant d’une ombre bienvenue. Nous prenons la route direction Monument Valley, et traversons successivement le Colorado (d’où nous partons), le Nouveau Mexique, aux routes en très mauvais état, l’Arizona (courte amélioration, mais cela ne dure pas), enfin l’Utah. En route, nous découvrons des bas-côtés constellés d’éclats de verre sur plusieurs miles. Le grand jeu local semble être le jet de bouteilles depuis les voitures. Pour des gens d’habitude si soucieux de préserver leur environnement, cela fait désordre. La route sera interrompue un moment par la traversée au pas de trois chevaux sauvages (ou plutôt échappés d’un troupeau, car un Indien nous dira qu’il n’y a plus de chevaux sauvages sur Monument Valley).

 

Le long de la route, nous verrons souvent de très précaires constructions, genre mobil-home mais avec la clim. La région ne semble vraiment pas très riche. Par contre, les zones industrielles, comme nous les appellerions, s’étendent parfois sur plusieurs miles, comme aux alentours de Aztec. Nous ne traverserons à aucun moment de riante bourgade, ni de centre-ville un peu typique. Le coin donne vraiment le bourdon…

 

Arrivée à Monument Valley. Depuis plusieurs miles déjà, les pitons rocheux dressent leur imposante silhouette. L’orage gronde de nouveau ; nous découvrons notre camping, situé juste aux portes du parc. Accueil réservé d’une jeune femme Navajo, qui ne semble pas d’humeur à plaisanter. Elle se déridera le lendemain, mais malheureusement il faudra recommencer le travail d’approche avec ses remplaçantes, car elles sont plusieurs à tourner à l’office. Les enfants ont le temps de faire un saut rapide à la piscine couverte, où un groupe d’adolescents typiques, deux filles et quatre garçons, identifiés comme allemands, leur gâche un peu ce moment. Ricanements, intimidation, rien que de la broutille de pré-pubères, la piscine se sera pour une autre fois ! Pendant ce temps, je réserve à l’accueil une balade en voiture pour le lendemain matin. Départ à 8h, nous serons seulement 5 dans le véhicule, car c’est à peine plus cher et on a moins l’impression de se faire promener en troupeau. Cela nous laissera aussi plus de temps pour discuter avec notre guide Navajo.

 

 

Lundi 26 juillet

 

« Larry » est venu nous chercher, nous faisons nos premiers tours de roue dans Monument Valley. Il ne fait pas encore trop chaud, il y aurait même presque un petit vent frais. Nous partons pour 3h30 de découverte du parc. Sur la carte, nous essayons de repérer les noms cités par Larry, au milieu de ses explications. Il a un accent très prononcé, et nous une oreille très catovienne. C’est pas gagné. Nous avons du mal à saisir tout ce qu’il dit. L’avantage est que quand il s’arrête, je peux aller lui poser des questions supplémentaires, auxquelles il répond de manière assez lapidaire. Je mets vite au rebus les questions fermées, pour lui donner l’occasion de s’exprimer. Au fur et à mesure, il se déride un peu. Il nous donnera beaucoup d’explications lors de la visite d’un hogan, où il nous installe avec ma fille à l’endroit où la mère de famille est censée se tenir. Il nous explique que le travail de tissage est exclusivement féminin, que les techniques se transmettent de mère en fille, et nous détaille les différentes étapes : les deux brosses pour récupérer la laine de mouton, la bobine sur laquelle le fil s’enroule, les pelotes ensuite constituées, les plantes qui servent à teindre la laine, le métier à tisser la laine. Les motifs vont du plus simple à des choses plus élaborées, et pourtant Larry nous apprend qu’il n’y a jamais de dessin, de patron comme on dirait chez nous, qui servent de modèle, tout est dans la tête de l’ouvrière. Bref, une allergie du patron que l’on ne retrouve plus que dans certaines tribus de syndicalistes français…

 

il nous explique ensuite la structure du hogan : orienté vers l’Est, pour une meilleure lumière et aussi pour des raisons religieuses (de l’Est vient le jour, ou plutôt nait le jour, l’Est est aussi l’endroit d’où vient l’essence même de la vie, dans leurs croyances. N’empêche, sans faire de mauvais esprit, de l’Est ne sont pas toujours arrivé que des bonnes choses pour les Indiens, à commencer par les caravanes de blancs chercheurs d’or. Mais bon…), avec un foyer central et un trou pour l’évacuation, le poêle actuel ayant remplacé les trois pierres plates disposées de manière à former un cône, la porte d’entrée en bois le tapis originel. L’authenticité y perd sans doute ce que le confort y gagne. Cette pièce sert à toute la famille, pas seulement aux femmes. La structure du toit, en bois, circulaire et sans poteau central, rappelle furieusement celle des kipas des anasazis. Même si Larry répond à ma question par un « Cà n’a rien à voir »… J’espère ne pas l’avoir vexé avec cette comparaison involontairement hasardeuse.

 

Nous passerons ensuite près d’un rare point d’eau, où viennent boire chevaux et vaches. Des chevaux, nous en avons vu, mais des vaches ? Pendant que nous mettons nos mains en visière pour scruter l’horizon à la recherche de cornes, Larry nous montre des traces au sol, comme si la chose était évidente… Je me retiens de ne pas éclater de rire. Rien n’a changé, pour l’homme blanc n’existe que ce qu’il voit clairement de ses yeux d’incrédule, alors que pour l’indien il y a tant à lire, quand on sait déchiffrer les signes de la nature.

 

L’oreille du vent (« Ear of the wind »), l’œil du soleil (« Sun’s eye »), le hurlement de la bête… Ah non, ce sont mes enfants qui se poursuivent… Nous parcourons d’autres lieux aux noms poétiques. Nous sommes étonnés de voir la végétation finalement si verte, même si elle est très basse. De nombreux yuccas produisent des fruits en forme de grosses cacahuètes. Bear Grylls saurait sûrement se fabriquer un arc, un duvet, une tente, trouver de quoi manger pour 10 jours et un antiseptique pour ses bobos avec tout ça. Nous restons impressionnés par la beauté en même temps que l’hostilité de cette nature. Larry nous dit que l’hiver, chose incroyable, il peut y avoir jusqu’à 50cm de neige au sol.

 

Les écoles construites juste à côté du parc, et que nous longeons pour atteindre le camping, permettent aux enfants Navajo d’être scolarisés jusqu’à 17 ou 18 ans. Ensuite, ils peuvent aller à l’université, mais il leur faut partir. Larry explique qu’il a été de ceux-là, trouvant même un travail en dehors de la réserve. Mais quand il a perdu son emploi, tel le fils prodigue, il a pu revenir à Monument Valley, retrouvant aussitôt un travail. A ma question sur les « subprimes », il explique que les Indiens ont été moins touchés. Ils mettent de côté l’argent quand ils en ont, et vivent culturellement moins à crédit. Ils sont davantage auto-suffisants. Les Navajos sont par ailleurs les plus nombreux, parmi toutes les tribus indiennes. Lui-même a appris le navajo à l’école, ainsi bien sûr que l’anglais, mais aussi quelques rudiments de français, d’allemand et de japonais !

 

Nous quittons Larry sans effusion particulière – ce n’est pas le style de la maison – mais avec la sensation, au moins pour notre compte, d’avoir passé un beau moment dans ce lieu mythique. Les enfants auront en plus une photo souvenir, à cheval dans ce cadre incroyable.

 

Piscine de nouveau cet après-midi, puis direction l’hôtel « The View », pour y dîner le soir et profiter du coucher de soleil. De nombreux photographes s’y pressent, pas mal de Français. Le restaurant, quant à lui, devrait plutôt s’appeler le « Half-view ». Assez petit en surface, et disposant d’une salle en rond, il abrite des tables dont seulement une toute petite moitié jouit de la vue sur Monument Valley. Le goudron et les plumes pour l’architecte ! La boutique nous prend quant à elle vraiment pour des Américains (enfin maintenant on dirait des Qataris), mais présente un choix très large notamment de bijoux de créateurs. Pour des sommes… C’est vrai, au fait, pour quelles sommes ? Aucun prix n’est affiché, il faut demander à chaque fois, ils appliquent systématiquement 40% de réduction sans discuter, et encore moins 10% si on est clients de l’hôtel.  Bref, une ambiance un peu marchand de tapis, un peu à la tête du client qui ne m’inspire pas vraiment confiance. C’est dommage, il y avait de belles choses.

 

John Wayne est également à l’honneur, sous toutes les formes, le pauvre. Et d’anciennes photos de gloires passées, comme Billy the Kid dont le portrait très abîmé montre néanmoins un vrai visage de psychopathe, à faire froid dans le dos. Une très belle exposition de tableaux, principalement des portraits, attire notre attention au rez-de-chaussée. L’artiste, qui signe « R Singer », présente des visages d’Indiens âgés, peintures très fortes en couleurs et visages burinés comme de vieux marins bretons. C’est très émouvant.

A l’extérieur se produit une famille de danseurs Navajo, en costume traditionnel. Le père, la mère et, l’espace de quelques secondes, leur petit bout de chou de fille, qui ne doit pas avoir plus de 5 ans. Les chants diffusés par leur lecteur posé au sol sont presque effrayants à la première audition, très rythmés, la danse quasiment une transe. On a vraiment la sensation que ce sont des chants de guerre, mais sans doute John Ford a formaté nos oreilles en ce sens. Ce spectacle dans un tel décor a quelque chose d’unique.

 

 

 

 

 

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14 mars 2012

Carnet de voyage - suite

 

Vendredi 16 juillet

Lever tardif, pour récupérer de la soirée d’hier. Nous prenons notre petit-déjeuner sous forme de brunch à l’hôtel, et je pars avec les enfants en direction du Circus Circus pendant que Christophe ramène la voiture chez le loueur. Mauvais choix de véhicule : nous prenons une espèce de navette genre métro, le monorail, qui se révèle compliqué à atteindre à pied – les stations ne sont accessibles qu’au prix de longues traversées des casinos - nous laisse loin de notre but et pour plus cher qu’un taxi au final. La prochaine fois…

Christophe nous attend déjà sur place lorsque nous arrivons péniblement. Nous passons plus de deux heures dans ce parc, avec son roller-coaster, son circuit aquatique et surtout un vacarme assourdissant sous cette bulle, qui répercute le fracas des machines et les cris de la foule. Pas le bonheur total, mais les enfants sont contents. Nous reprenons un taxi direction le Venetian, où nous nous promenons agréablement le long des faux canaux vénitiens, bordés de boutiques de luxe pour la plupart. Puis direction le NewYork NewYork, pour LE roller-coaster. Au dernier moment, Capucine renonce à le faire, elle a tout juste la taille requise. Je suis plutôt soulagée. Les garçons sortiront de cette lessiveuse heureux mais bien secoués, confirmant que la petite dernière a bien fait de s’abstenir.

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Les enfants goûtent alors au casino pour enfants : pour des quarters, les kids peuvent jouer sur différentes machines. Attrape-couillons, machines à tiroir, grande roue de la fortune, saut à la corde en rythme, danse, lancer-francs de basket, et surtout une sorte de manège avec des ballons percés au-dessus qui passent en tournant, dans lesquels il faut faire tomber son jeton pour gagner. Quand l’essai est transformé, la machine rend en échange une série de tickets – des Smiles - qui servent ensuite à choisir une babiole à la boutique du casino.

Et justement, LE champion du monde est là. Une famille newyorkaise a débarqué, dans le but de casser la baraque. Pour cela, ils disposent d’une arme fatale : le fils aîné, d’une adresse prodigieuse et qui réussit à mettre dans le mille trois fois sur quatre. Il devient rapidement le centre d’attraction du casino. Les pièces tombent, atteignant leur cible avec une régularité hallucinante. Les tickets sortent en flux continu, à un rythme hypnotique. Grand seigneur, le champion newyorkais distribue une partie de ses premiers gains à Arthur, qui n’en revient pas. Puis décide de viser le lot suprême : un Bob l’Eponge aussi grand que Capucine ! Sponsorisé par son père, il atteint son objectif très vite et repart triomphalement, après avoir reçu des félicitations sincères ainsi qu’une poignée de mains très officielle d’Arthur qui sait reconnaître un chef, un vrai, quand il en croise un… Notre famille repart avec des bracelets arc-en-ciel à foison et une voiture télécommandée, gains plus modestes mais qui satisfont tout le monde.

Nous nous serons finalement beaucoup amusés dans ce casino miniature, allant jusqu’à ressentir l’excitation des joueurs invétérés tout en restant dans des limites non pathologiques. Nous emportons un ticket « 2 Smile » en souvenir, que nous ne convertissons pas en stylo made in China.

De retour à l’hôtel, bien fatigués de notre périple à travers Las Vegas, ses rues bondées et ses trajets tortueux, nous nous apercevons – mais un peu tard – que la piscine est fermée, au grand désespoir de Capucine. Rendez-vous est pris pour le lendemain matin.

 

 

Samedi 17 juillet

 

Chose promise, chose due : direction la piscine pour – presque – toute la troupe. Je récupère un jeu de cartes du casino du Luxor et des jetons de 1 dollar en guise de cadeaux. Nous partons pour Cruise America prendre possession de notre « Arvi ». Il ne faut pas traîner, car nous devons être au camping de Zion ce soir. A 13H30, nous repartons au volant de notre maison roulante. Premier arrêt dans un Walmart pour déjeuner rapidement au MacDonald et faire les courses, d’autant que le kit camping prévu n’a pu être fourni par Cruise America. Nous perdons beaucoup de temps à arpenter cet immense magasin. C’est notre premier du genre, nous n’en croyons pas nos yeux. Nous sommes surpris par la grande quantité de légumes et surtout de fruits disponibles au rayon frais. Mais dès que les emballages entrent en jeu, cela se complique. Le contenu devient incertain, complexe, gras le plus souvent. Même les œufs brouillés sont conditionnés en brique ! Au rayon céréales, les enfants ont du mal à choisir parmi la multitude de produits proposés. Quelques-uns ressemblent furieusement à ceux que nous connaissons, mais en fait leur goût diffère considérablement : céréales spécial K plus sucrées, yaourts équivalent « taille fine » plus écoeurants, « café français » qui se trouve être du café au lait, jus de fruit « Tropicana » qui ne sont plus du tout pur jus de fruit, mais à base de… La viande est vendue dans des emballages type saucisson, mous, et sans possibilité de voir à travers. Bizarre…

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En dehors de l’alimentation, le magasin vend vraiment de tout, y compris des armes à feu et des munitions. Nous en profitons pour ramener au chasseur de la famille une cible en forme de « turkey » qui sera du plus bel effet dans son jardin poitevin. Côté drap, oreiller et couette, je me débats avec les tailles américaines et les différentes appellations. Nous faisons un choix non exhaustif par rapport à tout ce que nous devions acheter selon le kit standard, mais suffisant pour nous.

 

A la caisse, mauvaise surprise : nos cartes respectives ne passent pas, pour une raison incompréhensible. Le caissier se trouve donc contraint d’encaisser – non sans une certaine émotion – ses premiers travellers, après accord de sa manager. L’épreuve nous ayant rapprochés, il tente quelques mots en français et confesse à voix basse avoir appris notre langue à l’école, tout en surveillant du coin de l’œil ses collègues pour être sûr qu’aucun ne peut l’entendre. Visiblement, ce n’est pas bien vu, ni signe de grande santé mentale d’apprendre le français pour un gars du coin. Iraient-ils jusqu’au goudron et aux plumes ? Mieux vaut ne pas tenter le diable.

 

Nous quittons le Walmart, heureux de nos achats et surtout avec un cadeau pour Eyepod, la mascotte de la maison, à l’initiative de… Christophe himself !

 

La route jusqu’à Zion sera longue, encore des travaux sur le parcours, mais nous parvenons au camping sans trop de peine. Notre numéro d’emplacement est placardé sur la guitoune de l’entrée, en face de notre nom. Ca marche bien, les réservations à longue distance !

 

Bon anniversaire, Joli-Papa ! Nous pensons à laisser un message sur son téléphone, in extremis. Nous nous couchons rapidement.

 

 

Dimanche 18 juillet

 

Nous ouvrons les yeux sur un cadre grandiose. Il faudra s’y habituer, ce sera notre lot pour les jours à venir.

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Balade rapide à Riverside Walk, belle promenade d’une grosse heure le long d’une rivière, sans difficulté. Dans le « shuttle » qui nous ramène au parking où se trouve notre RV, montent en même temps que nous deux jeunes hommes passablement crottés. Je leur demande si, par hasard, ils ne viendraient pas de faire les « Narrows » - un parcours qui se trouve en bout du nôtre, mais en grande partie dans l’eau et beaucoup plus fatigant. Ils me répondent par l’affirmative, ponctuant leur phrase d’un « quite challenging » avant de sombrer dans un sommeil réparateur, appuyés sur ce qui doit être leurs sacs de couchage.

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Nous entrons dans la Dixie National Forest, aux couleurs rouges magnifiques mêlées à une végétation d'un vert éclatant. Nous déjeunons d’une pizza en chemin, et repartons pour Bryce Canyon. Très prometteur. Nous ne ferons pas d’autre promenade aujourd’hui, juste un arrêt au Ruby’s Inn, sorte de grand complexe hôtelier à l’entrée du parc, qui propose une reconstitution de ville du farwest, avec les boutiques qui vont bien. Ils vendent entre autres de gigantesques glaces…

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Nous atteignons le Cannonville KOA après quelques balbutiements. Cadre extraordinaire, il est encore temps de faire un bond dans la minuscule piscine. Nous mangeons sur une table à l’extérieur, alors que la nuit tombe. Un insecte un peu trop impressionnant arrache des cris à Arthur en se posant directement sur son bras, et des hurlements à Capucine. Nous décidons de regagner le camping-car pour le dessert. Après le repas, je pars en direction des sanitaires pour prendre une douche. Le camping est en pleine nature, les roches ont chauffé toute la journée, quelques herbes éparses constituent la seule végétation : je me revois devant les documentaires animaliers qui ont nourri mon enfance, les plongées en bonnet rouge de Cousteau, « Caméra au point » de Christian Zuber et autres « Animaux du monde » qui m’émerveillaient tout nous enseignant la vie de toutes sortes d’animaux. Et les reptiles, justement, sortent la nuit ! De mes recherches pré-voyage, je sais que les rampants du coin n’ont rien à voir avec les inoffensives couleuvres ou les vipères un peu plus dangereuses de mon Limousin natal. Instruite également de quelques westerns d’anthologie, je ne me sens pas du tout de mordre furieusement dans un bout de bois pendant que mon mari m’entaille la peau à l’endroit de la morsure, pour aspirer le venin et cautériser ensuite le tout avec une bonne rasade de whisky… Je marche donc d’un bon pas, frappant le sol avec plus d’énergie que nécessaire, et balayant en permanence devant moi avec le faisceau de ma – ridicule – lampe de poche. Argh ! Pourquoi n’ai-je pas pris une lampe plus puissante ! Mais pas le moindre signe d’un danger en vue, pas la plus petite musique de crécelle que je guette tout en la redoutant. Tu parles d’une aventurière ! Dans les douches, idem, tout est propre et dégagé. Ce sera le cas dans chacun de nos campings, de la chaîne KOA. Accueil sympathique, sanitaires propres, on n’en demande pas plus.

 Nous passons notre deuxième nuit dans le camping-car, toujours avec l’impression d’être sur un bateau, tellement le véhicule tangue dès que l’un d’entre nous bouge dans son lit. Mais nous allons nous y habituer rapidement. Pour le reste, Arthur change de lit pour prendre le canapé-table, Capucine reste sur la banquette-lit et Valentin se perche au-dessus de la cabine du conducteur. Nous réaliserons ensuite que sur ce modèle de camping-car (C30 de chez Cruise America), nous avons hérité d’une version ancienne, ce qui explique qu’il était au même prix que le C25. Pour le coup, mal conseillés par l’agence qui a pris en charge billets d’avion, moyens de transport et hôtels de début de voyage, et nous a donné globalement satisfaction. Nous aurons l’occasion de comparer avec d’autres voyageurs, et de nous rendre compte que le modèle plus petit, loin d’être moins logeable, offrait un plus grand niveau de confort, notamment au niveau du couchage supérieur (plus de place en hauteur, et donc moins l’impression d’étouffer), avec une partie cuisine et douche en meilleure état. Je ne prendrai qu’une douche dans le nôtre, renonçant les fois suivantes à écoper le sol à cause des fuites, et préférant les sanitaires des campings. Mais c’est ainsi qu’on apprend… Pour l’heure, Valentin pense de plus en plus souvent à ne pas lever la tête trop haut, s’évitant des bosses supplémentaires. Nous maîtrisons mieux l’aération, en contrepartie les moustiques vont passer à l’attaque.

 

 

Lundi 19 juillet

 

Petit déjeuner, puis départ sur Bryce. L’objectif du jour : une balade sur Navajo Trail – Quenn’s Garden Trail – Sunrise Point et retour à Sunset Point, le point de départ de Navajo Trail. Sur les 3h30 annoncées, seules 2h30 seront nécessaires car une partie du chemin est fermée, au départ. Le parcours est étonnant, au milieu des canyons escarpés (Navajo Trail) puis des hoodoos rouges. Il y a pas mal de monde sur le chemin, mais ce n’est pas vraiment gênant. Nos bouteilles se révèlent bien utiles. Je surveille les bas-côtés, car des panneaux annoncent la présence de « rattle-snakes » sur les chemins. Aucun souci cependant. La foule qui nous précède doit les faire fuir. Les écureuils sont de la partie ; ils sont ici plus petits qu’à Yosémite, et aussi peu farouches.

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Sur une partie rocheuse du chemin, nous apercevons l’un d’entre eux, devant un trou dans le rocher. Il pousse de petits cris, et finalement se faufile sous le rocher alors que nous nous approchons beaucoup trop près à son goût pour le photographier. Nous avons juste le temps d’apercevoir un bébé écureuil au fond du trou, vite embarqué par sa mère pour le cacher plus profondément et le soustraire à nos regards. Voilà la raison de ses cris ! Elle montait la garde et s’inquiétait de notre présence.

 

L’orage gronde au loin, et de grands éclairs se mettent à zébrer le ciel. L’orage ne nous touchera pas tout de suite, mais les couleurs du ciel n’en seront que plus magnifiques. Encore une fois, le regard porte très loin, c’est une surprise renouvelée que de constater les différences de pluie ou d’ensoleillement dont bénéficient les reliefs environnants suivant que nous nous tournons vers un côté ou l’autre.

 

Nous regagnons l’endroit où le camping-car était garé, pour nous rendre compte qu’une ranger se trouve juste à côté, une souche de mauvais augure à la main. En fait, en arrivant le matin, nous nous étions garés en épi dans une place libre, entre plusieurs RV’s, sans nous apercevoir qu’il s’agissait d’un emplacement « Buses only », les pancartes étant cachées par les autres véhicules. C’est ce que j’explique à la Ranger, plutôt sympa, qui se montre compréhensive mais apprécierait que, la prochaine fois, nous fassions attention aux panneaux. « I’d appreciate… ». C’est noté ! Nous la remercions vivement et repartons sans demander notre reste.

 

Nous voilà à la recherche d’une aire de pique-nique dans Bryce. La première, au parking microscopique, est déjà occupée. La suivante sur le plan se trouve complètement calcinée. Une place s’étant libérée entretemps, nous nous installons à la première. 

 

L’étape suivante s’appelle « Mossy Cave ». Cette ballade, le long d’une rivière, nous donnera l’occasion de nous reposer un moment au bord de l’eau, les enfants et Christophe nous jouant une scène d’histoire naturelle sur le thème « Le Père Castor et ses enfants ». Il fait encore un temps superbe, même si le ciel est parfois menaçant.

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Retour au camping, baignade, lessives, tout le monde trouve à s’occuper. Un Monopoly des parcs nationaux américains a fait son apparition.

 

 

Mardi 20 juillet

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Rendez-vous a été pris pour le soir au Red Cliff Lodge, à Moab. Nous avons beaucoup de route en vue pour aujourd’hui. Le ciel a fini de menacer, il passe à l’attaque. Nous essuyons de la pluie sur une partie du trajet. Le temps très orageux va contribuer à faire de ce parcours sur la Scenic Byway 12 un souvenir extraordinaire. Avec comme premier acte la traversée de la Dixie National Forest, ses bosquets de bouleaux, ses vaches qui traversent la route sans souci de la circulation, et surtout cet orage de grêle qui nous a précédé de peu, et qui nous livre un spectacle fascinant lorsque nous arrivons sur place : en réaction à la différence de température, la brume monte de la route et des sous-bois environnants, le sol est couvert d’une couche de grêle qui ne fond pas. Nous croisons un groupe de bikers, arrêtés par les intempéries et qui, tout sourire, nous saluent d’un geste de la main lorsque nous les croisons. Nous sommes loin des Hell’s Angels scandinaves !

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Encore quelques miles, et ce sera Capitol Reef, et ses montagnes rouges. Le paysage est fabuleux, l’orage redouble ; nous arrivons bientôt à un endroit où la route passe au-dessus de la Fremont River, à Grand Wash. Apparemment, les rôles se sont inversés quelques instants avant notre arrivée. La rivière est très forte de part et d’autre de la route, et de grandes trainées de boue rouge signalent que la rivière a du déborder puis reprendre son lit il y a peu. Quelques véhicules et un Ranger sont d’ailleurs arrêtés sur le bas-côté. Nous poursuivons notre chemin après quelques photos. La Fremont River va nous accompagner sur le côté de la route pendant plusieurs miles, toujours aussi rouge, boueuse et tumultueuse. Nous la perdrons plus loin, en quittant les reliefs.

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Nous atteignons Caineville sans nous en rendre compte et repérons avec un peu de chance le Mesa Farm Market attendu. C’est une sorte de ferme bio, où il est possible d’acheter et de manger sur place des produits frais et surtout du pain maison. Rien de spectaculaire, juste une petite bicoque en léger retrait de la route, qui semble tenir debout par miracle. Fermé ! Il est 14h30 quand même. Nous continuons, tous penauds, sur Hanksville et déjeunons dans un restaurant situé à la sortie nord de la ville. Bons hamburgers, pâtisseries sympathiques et accueil chaleureux. Nous sommes pourtant au milieu de l’après-midi. Les enfants meurent de faim et doublent la commande. Nous avons la sensation d’être au milieu de nul part, et pourtant la salle accueille deux autres familles, complètement décalées en horaires comme nous. La serveuse nous demande alors si nous allons vers Bryce, car la route est maintenant coupée, la Fremont River a définitivement débordé ! Nous avons eu de la chance…

 

Nous repartons vers Moab. Le passage par la Highway 70 nous permet de rouler dans de meilleures conditions, mais le paysage n’est plus aussi enchanteur. Je prends le volant de l’engin. Il a une grande inertie, et une portance au vent qui le fait parfois bouger de sa trajectoire. Pas facile à maîtriser. C’est un vieux monsieur, il faut le traiter comme tel. Juste avant l’entrée nord de Moab, nous bifurquons vers l’est sur une route qui longe le Colorado. La 128, moins large mais en bon état, serpente entre de grandes falaises rouges, le cadre est superbe. Au bout d’une quinzaine de minutes, nous débouchons sur une vallée où se niche le Red Cliff Lodge. Magnifique endroit style ranch, respectant le paysage alentour bien que dédié au tourisme. Luxueux, propre, avec une grande piscine, un jacuzzi, des terrains de tennis. Nous avons prévu de faire une balade à cheval demain matin, mais compte tenu des tarifs intéressants trouvés sur Internet la veille, nous décidons de nous faire un petit plaisir et de loger là pour la nuit, délaissant notre paquebot roulant. Des cabanes sont proposées le long de la rivière, avec kitchenette, sanitaires nikel, un grand restaurant couleur far-west, un petit musée du cinéma moins complet que celui de Lone Pine, mais avec notamment une sorte de livre des acteurs, répertoriant pour chacun ses caractéristiques physiques, ses compétences (monte à cheval, etc… et d’autres critères moins rédhibitoires) et une photo en situation. On distingue les têtes de bandit, de jeune premier, les amérindiens, etc... C’est assez émouvant de voir défiler ces pages. Le coin fut un lieu de tournage pour les westerns, maintenant il sert encore pour les publicités. 

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 Nous nous installons dans notre chambre qui, une fois n’est pas coutume, peut nous loger tous les cinq, puis direction la piscine et le restaurant. Au moment de réserver une table, je m’aperçois que nous avons changé d’heure depuis notre entrée dans l’Utah et que, sans notre nuit sur place, nous aurions raté notre rendez-vous avec les chevaux le lendemain matin !

 

Les moustiques sont nombreux et gonflés à bloc, le 5/5 est de sortie ce soir.

 

 

Mercredi 21 juillet

 

Lever rapide, nous prenons le petit-déjeuner dans la chambre puis direction les écuries. Quelques explications en anglais, un chapeau, un bandana, un sac à mettre sur le pommeau de la selle, pour un peu on se prendrait pour des cavaliers du poney express ! La première impression : il fait « haut », assis sur nos montures. Et l’animal ne fait pas forcément ce que l’on veut. Nous passons quelques minutes à nous entraîner dans l’enclos qui tient lieu de manège, et après une sommaire initiation aux démarrages en côte et aux créneaux, les moniteurs mettent les chevaux en mode « Pilote automatique » et nous voilà partis. Yeeha ! Heureusement, nos « véhicules » sont dociles. Seule Capucine a l’air parfaitement à l’aise. « Yes, I see » me répond la seule cow-girl du groupe quand je lui précise que seule la petite dernière pratique l’équitation. J’hésite entre une légitime fierté de mère et la sensation que nous voilà déjà tous (sauf une) catalogués dans la rubrique « sac à patates », compte tenu de notre prestance à cheval. La fierté l’emporte… Les chevaux se mettent en file indienne, nous avons de la chance car nous nous retrouvons en tête de peloton. Arthur, suivi de Capucine, moi-même, Christophe et Valentin. A mesure que nous progressons et qu’un paysage johnwaynesque défile devant nos yeux, nous essayons de suivre les indications, penchés en avant en montée et en arrière en descente (petit pourcentage, heureusement). Le cheval de Christophe hérite rapidement du surnom de « Mouton péteur » pour son allure qu’il cale scrupuleusement sur la mienne et pour… vous deviner le reste. Celui de Valentin est un touriste, il prend son temps, sort parfois du chemin et ne rate pas une occasion de manger ou de boire, sans demander l’avis de son cavalier.

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La promenade sera comme une plongée dans nos westerns favoris. Sur la fin, nous commençons à maîtriser mieux le « pilotage » des bestiaux, réussissant à s’arrêter (sans caler), à reculer puis avancer de nouveau notre monture quasiment sur commande. Nous ne sommes pas peu fiers ! Enhardie et trouvant finalement l’allure trop pépère, je décide de talonner un peu mon cheval pour le faire accélérer. Peine perdue, il reste sourd à mes intentions. Me revient alors l’image des cowboys de mon enfance, galopant à brides abattues et frappant le cheval avec l’extrémité des rênes de part et d’autre du licol, pour maintenir le galop. J’empoigne les deux lanières et décide d’adopter la même méthode. Le résultat dépasse mes espérances : mon cheval démarre au quart de tour, heureusement pour un simple trot, et je me retrouve hilare en train de balloter sur son dos, me cramponnant au mieux. Derrière moi, un bruit de galopade et un grand éclat de rire : le cheval de Christophe, coudes au corps (enfin, genoux aux côtes), prend le même rythme avec le même résultat pour son cavalier.

 

Arthur termine la promenade en mode « tour de Pise », sa selle ayant un peu glissé. Nous revenons heureux de nos baptêmes équestres. Effectivement, leurs chevaux sont très dociles et les parcours étudiés, aucun danger, que du plaisir. Nous remettons le pied au sol, une démarche peut gracieuse sur les 150 premiers mètres. Un dernier saut dans la piscine, et nous quittons cet endroit à recommander, également spécialiste de banquets de mariage, de lunes de miel et de… séminaires d’entreprise ! Ca change des kick-offs à la salle des fêtes de Nanterre-Université, mais je dis ça comme ça… Des activités nautiques sont également proposées.

 

Nous décidons de nous poser l’après-midi à Negro Bill Canyon, sur la route en direction de Moab. Le petit parking est encore quasiment désert, pas de problème pour garer notre RV. Nous restons à l’intérieur pour déjeuner de sandwiches, puis nous lançons dans notre randonnée.

   

L’endroit nous prendra 2h30 environ, pour apercevoir enfin l’arche promise (sans Indiana Jones) et découverte par un homme noir du nom de Bill. Le chemin serpente (et c’est vraiment le verbe approprié) entre des rochers et une végétation basse mais touffue. Nous traversons entre 7 et 9 fois (selon la police ou les manifestants) la petite rivière locale, en traçant notre route à travers ce canyon tortueux et relativement étroit, mais qui ne présente aucune difficulté. Les parois qui nous entourent sont composées d’une roche trouée comme un gruyère français, version américaine et XXL des galets creux de l’Ile de Ré. Cependant, pas de coquillage ici dans les différentes cavités. Nous atteignons à mi-parcours un endroit où se dresse un chevalet rudimentaire, qui sert de support à une boîte en fer contenant un cahier. Livre d’or du coin, chacun peut ainsi signer son passage. Nous laissons l’empreinte de notre passage (surtout Capucine qui leur servira au retour un texte de sa composition pour exprimer tout son enthousiasme). Curieux, en lisant le texte de nos prédécesseurs, nous tombons sur un « saw one snake », à la date de… la veille ! Argh ! Il faudra être prudents. Une fois n’est pas coutume, tant pis pour les voisins du dessous, j’encourage toute la troupe à taper des pieds, surtout aux passages les plus étroits dans les herbes hautes.

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Je serai la première à apercevoir un serpent, plutôt un serpenteau, ou serpentin : à peine la moitié du diamètre de mon petit doigt et long comme ma main environ. Il se glisse en vitesse entre les herbes en nous entendant (ou plutôt en nous percevant, car je crois qu’ils ne sentent que les vibrations) arriver. Mais comme dit Valentin, quand il y a un bébé, il y a forcément… une maman et peut-être même un papa ! Peu désireux de faire plus ample connaissance avec le reste de la famille, nous accélérons le pas. Ce sera  notre seul serpent de tout le séjour.

 

La faune du coin ne s’attendait pas à notre visite ; une écrevisse américaine, cousine de celles qui envahissent maintenant les cours d’eau français et font fuir les espèces locales, barbotait tranquillement dans une eau peu profonde lorsqu’elle eût la surprise de se retrouver hissée dans les airs, prise entre les doigts d’un Arthur triomphant ! L’entraînement dans le Clain avait porté ses fruits. La bête fut relâchée, considérée comme trop petite (et trop seule) pour faire une honnête soupe de crustacés.

 

Quelques chiens en balade avec leur maîtresse feront la joie de la petite dernière, trop attendrie à la vue d’une boule de poils n’ayant qu’un rapport même lointain avec son chien.

 

La balade sera belle, plus fatigante à cause de la chaleur par moment, mais heureusement assez ombragée pour que nous en profitions. Clairement, notre condition physique est assez lamentable, nous ne pourrons que faire cet amer constat tout le long du séjour. Ce qui nous incitera à être un peu plus entraînés pour la prochaine fois. Par contre, nous avions sous-estimé les changements d’altitude fréquents, et l’altitude en général élevée des parcs où nous nous sommes promenés du fait que nous avions souvent TRES chaud. Ce paramètre doit jouer aussi sur la fatigue ressentie.

 

Retour au RV, nous prenons la direction de Moab pour vérifier que la réservation de 4x4 du lendemain a bien été enregistrée. Nous arrivons au Moab Canyonland Adventure Center. L’accueil est très sympa, le loueur viendra nous chercher directement au camping demain matin pour nous amener le 4x4.

 

Direction le camping Koa local pour notre installation du soir.

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06 mars 2012

Carnet de voyage - Ouest USA été 2010

A la découverte de l'Ouest américain, l'été 2010

Les participants : les parents, Christophe et Sandrine (quarantaine bien sonnée), et les trois rejetons de 10, 12 et 14 ans, Capucine, Arthur et Valentin.

C'est cet été-là que nous avons pris le virus des USA, qui semble nous avoir sérieusement contaminés... Notre périple a duré 3 semaines et demi, du 8 juillet au 2 août, et nous a emmenés de San Francisco à Las Vegas (via Yosemite, Bodie, Death Valley) en voiture, puis boucle à partir de Las Vegas sur les parcs de Zion, Bryce, Canyonland, Arches, Mesa Verde, Durango, Monument Valley, Page, Kanab, Grand Canyon nord puis sud, et retour Las Vegas, le tout en camping-car C30. Ouf !

Voici le récit de la première semaine.

 

Jeudi 8 juillet - De Paris à San Francisco

Départ très matinal de la maison pour toute la tribu, nous prenons place à bord d'un gros monospace. Arthur profite du siège arrière environné de bagages pour continuer sa nuit, la tête appuyée sur un sac Décathlon grand format. Une fois n'est pas coutume, nous arrivons plus que dans les temps à l'aéroport (et le bon aéroport, en plus...), si bien que nous enregistrons nos bagages quasiment les premiers d'un vol sur 747, quand même ! Un petit déjeuner et quelques emplettes au Relais H plus tard, nous embarquons. Ce sera l'occasion de découvrir nos nombreux compagnons de voyage, notamment plusieurs groupes de jeunes adolescents typiques encadrés par des moniteurs plus vieux qu'eux de quelques heures, mais qui témoignent déjà d'une grande expérience et d'un solide sang-froid face à la provocation pure...

La passerelle franchie, Valentin renonce pour cette fois à saluer l'équipage d'une vigoureuse poignée de main. Il se contente d'un discret signe de tête, accompagné d'un jeté de mèche, en bon ado qui se respecte (même si, de ce côté-là, il y a eu récemment du raccourci dans l'air...). Nous gravissons immédiatement les quelques marches qui nous mènent au pont supérieur qui, à défaut d'être en plein air comme sur un paquebot de croisière, présente l'énorme avantage de proposer des écrans individuels, avec la programmation qui va bien. Cela nous permet de passer un voyage relativement paisible, en dépit des escarmouches ponctuelles et parfois bruyantes entre Capucine et Arthur. Rien que du très habituel (« business as usual » comme disent nos amis américains !).

Christophe, entrepris par sa voisine de droite – une habitante de San Francisco – réalise, mais un peu tard, que la langue bizarre qu’elle utilise sera celle qu’il entendra pour les 3 semaines et demi à venir… Il regrette un instant la Corse et l’accent traînant des locaux, plus compréhensible.

Le voyage se déroule sans encombre. Douane, bagages, voiture, nous partons rapidement à bord d'une magnifique voiture blanche, spacieuse et haute sur roues, vers notre hôtel tout près de Union Square. En chemin, nous croisons nous premiers "trucks".

 

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Un petit tour en ville avant de se coucher ?...

20h21… Seule une petite lumière luit encore dans la chambre. La quasi-totalité de la troupe a sombré avec bonheur dans les bras de Morphée ; les garçons se partagent une chambre avec deux queen beds, ils ne devraient pas manquer de place. Pas plus que Capucine qui a hérité du même format de lit. Elle a déjà entamé sa nuit auparavant dans les moelleux fauteuils de Levi’s et Abercrombie & Fitch, fournisseur officiels des ados français comme nous le découvrirons au cours du voyage. Le repas au Lori’s de Powell Street ne nous laissera pas un souvenir impérissable sur le plan gustatif. Pourtant, les hamburgers ne sont pas mauvais, mais ils deviennent rapidement écoeurants, même pour notre « labrador » en chef. Arthur et Capucine ont des allures de zombies, nous faisons en sorte qu’a minima, ils ne tombent pas de leur chaise. Il doit être prêt de 4h du matin en France, leurs paupières le savent bien. Nous expédions hamburgers, bacon frit, oignons, tomates et autres salades au plus vite. Le milk-shake de Capucine prend sensiblement la clé des champs, il est rattrapé de justesse par Christophe au moment où il menaçait de se répandre définitivement sur la table.

Arthur retrouvera un soupçon d’énergie qui le poussera jusqu’à son lit, Capucine sera évacuée en ascenseur. Nous croisons à l’entrée du restaurant un couple de Français qui viennent justement de passer trois semaines aux USA. Ils rêvent de yaourts, de coquillettes avec jambon blanc… Pour ma part, malgré l’enthousiasme du début, ce hamburger est presque déjà celui de trop. Il va falloir sélectionner nos restaurants avec plus de discernement, en attendant de nous préparer nous-mêmes nos pique-niques. Malgré tout, le cadre du Lori’s s’est révélé très typique, avec son décor années 50. Pour un peu, nous nous serions attendus à voir apparaître Fonzi au détour d’une table en formica ou d’une banquette rouge !

Une sirène résonne dans la rue. Police ou ambulance ? Je n’ai pas encore ma cartographie des bruits dans l’oreille, elle se complètera dans les jours à venir. Je garde également de cette journée deux autres images. La première à l’aéroport, lorsque nous avons pris possession de notre énorme voiture, pour croiser d’encore plus gros spécimens et de rutilants camions. Valentin nous fait remarquer que toutes les voitures ont l’air neuf, en fait elles sont visiblement très bien entretenues.

L’autre image : celles de clochards isolés, qui pour la plupart jouent d’un instrument. Parfois seulement une batterie de fortune improvisée sur des poubelles renversées et recouvertes d’une casserole ou d’un vague couvercle, pour produire les différents sons nécessaires. Ah oui ! Et un « Jesus loves you » ou quelque chose dans le genre, brandi par un black sur un panneau, en pleine rue, sans autre forme de revendication. Dois-je le préciser ? Nous découvrons une Bible dans le tiroir de notre table de nuit…

Mes lentilles n’en peuvent plus. Je vais les immerger dans leur solution de lavage préférée.

Dans son sommeil, Capucine émet une dernière récrimination à l’encontre d’Arthur. Pour aujourd’hui, elle aura eu le dernier mot !

 

Vendredi 9 juillet - China Beach, Sausalito and co

Notre journée du vendredi nous permet de visiter des lieux très variés de San Francisco. Réveillés à 3h du matin, puis à 6h, les parents attendent que leur tribu reprenne quelques forces, d’où un départ tardif de l’hôtel. Le restaurant soigneusement repéré sur le « Guide du Routard » pour ses célèbres petits déjeuners se révèle inaccessible, au vu de la foule qui s’entasse sur le trottoir. Nous renonçons et choisissons – horreur et erreur fatales – de prendre notre petit déjeuner juste en face de l’hôtel. Les pancakes commandés arrivent, et là les visages s’allongent : impossible d’ingurgiter de telles quantités, même pour les plus gourmands d’entre nous (et ils sont nombreux). Je m’aperçois que les « french toasts » choisis ne ressemblent pas du tout aux pains de mie imaginés, mais à des brioches traitées façon pain perdu, avec un fort goût de cannelle. Christophe, quant à lui, se console en apercevant sur ses pancakes une boule blanc cassé. « Une boule de glace vanille ! Cà c’est sympa ! ». Son sourire se transforme en grimace à la première bouchée, c’est en fait du beurre salé…

Nous regagnons péniblement notre hôtel, et demandons notre voiture. En effet, se garer n’est pas chose facile à San Francisco, et même le parking réservé aux clients de l’hôtel est en fait un parking situé un peu plus loin, et mutualisé avec d’autres hôtels certainement. Il faut donc, comme pour le fût du canon, « un certain temps » pour récupérer son véhicule. Nous avons le temps de faire un petit tour dans les chambres pour nous rafraîchir, et nous voilà partis direction le Golden Gate Park. Le trajet de ce matin aurait dû nous emmener nous promener dans ce parc, mais vu l’horaire tardif, nous nous contenterons de nous garer près de China Beach, et de nous balader à pied jusqu’à cette plage. Premier contact avec le Pacifique : nous sentons bien l’air marin, la chaleur en moins. Sur la plage, des enfants s’amusent, couverts comme si nous étions en automne. Et c’est vrai que tous les matins de notre séjour seront frais à San Francisco, le soleil et la chaleur ne daignant se montrer que l’après-midi. Quant à la plage, elle tire son nom des immigrés chinois qui peuplaient le coin auparavant, pêcheurs de leur état venus chercher une meilleure fortune sous le ciel américain. Le quartier, résidentiel, abrite de belles maisons aux architectures variées, sur des terrains souvent garnis de jardins paysagers. L’une des maisons qui surplombe la plage s’attire d’ailleurs les grâces de Valentin, qui décide qu’elle sera sienne dans quelques années… C’est beau de rêver !

Nous reprenons la voiture. Une fois la bonne bretelle d’accès empruntée, ce qui n’est pas sans difficulté, le franchissement du célèbre Golden Gate se fait dans une circulation assez dense. Nous trouvons notre chemin assez facilement jusqu’au restaurant les pieds dans l’eau qui nous attend. Nous traversons pour ce faire une bonne partie de Sausalito, qui ressemble assez à nos stations balnéaires, peut-être en plus huppée. Pas mal de boutiques de luxe et surtout peu de place, y compris pour se garer. Les difficultés de stationnement seront le fil rouge du jour.

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Ce déjeuner en terrasse sera l’occasion d’une première rencontre cuisante avec le soleil pour nos avant-bras. Le repas est délicieux, le cadre idyllique. Capucine s’essaie à l’américain, et sur mes indications demande « The toilett, please ? », à quoi on lui répond « Tout droit et à gauche… ». Elle revient, toute penaude d’avoir laisser apparaître si clairement son statut de touriste français. Les fois suivantes, elle pensera à demander « The restroom, please ? » avec un succès nettement plus grand. Il va falloir que je rafraîchisse (et que j’américanise) mes connaissances…

Une promenade digestive à Muir Woods poursuit agréablement cette journée, toujours après un peu de temps perdu à se garer. Nous croisons nos premiers séquoias, dont les troncs n’en finissent pas de s’élever vers les cieux. Ce qui frappe le plus dans ce parc, tout comme dans les suivants que nous visiterons c’est, au-delà de la petitesse des parkings au regard de la foule qui les prend d’assaut, l’absence totale de papiers gras et autres bouteilles en plastique, où que le regard se pose. C’est assez réconfortant. Comme quoi, il n’y a pas de fatalité… Un lieu hautement touristique n’est pas obligatoirement condamné à devenir une poubelle en plein air. Une leçon à rapporter en France.

Quelques heures et une jambe de jean trouée plus tard, nous refranchissons le Golden Gate dans l’autre sens. C’est l’heure du péage, mais l’attente aux guichets est assez courte. Nous continuons notre chemin jusqu’aux quais, où nous avons la ferme intention d’apercevoir les fameux lions de mer. Nous trouvons un parking public assez éloigné de l’extrémité du Pier 39, ce qui nous oblige à marcher plus que prévu et à faire provision, pour certains, d’une polaire plus chaude. Il faut dire que ce soir, le vent est glacial, tout comme ce matin aux premières heures du jour. En chemin, nous croisons la foule des grands jours. C’est très animé, les musiciens une fois de plus participent activement. Les bruits, les sollicitations, les odeurs… tout cela finit par nous agresser. Nous trouvons en restaurant italien, plus gras et copieux que ce à quoi nous sommes habitués.

Notre retour en voiture ce fera avec quelques visites imprévues, notamment de la Coït Tower que nous atteignons après de nombreux lacets sur une route escarpée. Lombard Street – en descente, bien sûr. Et nous pouvons enfin regagner notre hôtel pour un repos bien mérité, seulement troublé à 2 heures du matin par un fêtard bien imbibé.


Samedi 10 juillet - San Francisco à pied

Ce samedi nous trouve plus matinaux. Prudents, nous prenons notre petit déjeuner à l’hôtel et partons à pied pour une longue journée de marche. Un petit crochet par Union Square, puis nous voici dans le quartier chinois où Arthur se met en chasse d’un magasin de gadgets, babioles ou magie. Une « babiolerie » en fait, comme il le dit lui-même. De ce côté-là, il est assez servi et nous aurons du mal à le faire renoncer à deux ou trois « saloperias » qui seraient venues encombrer ses étagères.

Nous sommes bredouilles à deux reprises. Le musée de la Wells Fargo d’abord, fermé le samedi, et un restaurant à l’heure où les ventres des enfants recommencent à crier famine. Nous parvenons malgré tout, après quelques pas de plus et une course démente dans une rue en très forte pente, à les conduire à pied cette fois-ci jusqu’à la Coït Tower. « Mama’s » nous accueille pour le déjeuner, aux alentours de 13h30. C’est une institution, avec un grand choix de sandwichs à la composition qui dépasse notre niveau de langage, mais c’est délicieux. En sortant, nous nous faisons héler par un homme dans une voiture. Drôle de sensation que d’entendre son nom de famille crié, à l’autre bout du monde, dans une ville où, a priori nous ne connaissons personne. Ce sont nos amis français qui passaient par hasard dans le coin. Le monde est un grand village…

L’après-midi, ce sera bus (ligne 45 puis 22, nous rencontrons d’autres Français et des francophiles), marches vers Alamo Square, où nous manquons de peu un repas de quartier annoncé à grand renfort d’affiches sur les poteaux alentours, Hayes, St-Mary’s Cathedral où les enfants sont à deux doigts de se faire enrôler pour la quête d’un office en espagnol. Je remercie chaleureusement pour la proposition, mais explique que nous ne faisons que passer et ne resterons pas tout le temps de la cérémonie. Nous nous éclipsons discrètement, un peu gênés, et trouvons au sous-sol de l’église une petite bibliothèque et surtout des toilettes qui nous sont d’un grand secours après cette longue marche. Souvent, en nous voyant plongés dans nos plans, des passants nous proposerons spontanément leur aide pour nous orienter. Il n’y a pas à dire, les Américains sont très accueillants. Mais quel drôle d’idée, quand même, de commencer toutes leurs phrases par « How are you today ? ». Il me vient souvent une réponse à la Dupontel, que je garde pour moi afin de ne pas nuire aux relations franco-américaines. Pas un seul caissier qui nous en fasse grâce, pour l’instant. Je préfère de loin la spontanéité de ceux qui interpellent les enfants, dans la rue ou le bus, pour les chambrer gentiment en nous glissant des clins d’œil complices…

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Retour shopping à Westfield Mall, après la traversée d’un quartier fréquenté par des clochards titubants, souvent drogués paraît-il. Les bâtiments qui l’occupent alternent : un squat, une mission, un squat, un centre social, un squat, une boutique délabrée, un squat, etc… Nous accélérons le pas, changeons de trottoir une fois ou deux, mais il fait encore trop jour pour que nous nous sentions réellement en danger. Pèlerinage chez Abercombie, avec un nouvel espace que nous n’avions pas exploré la veille, et qui permet au reste de la famille de s’équiper.

Nous rentrons un peu éreintés de cette journée de ballade, il faut pourtant presser le pas car nous sommes attendus pour le repas du soir. Passage par l’hôtel pour poser nos paquets et nous rafraîchir rapidement. Nous renonçons à prendre notre voiture pour nous rendre au restaurant, et privilégions le taxi. Il connaît parfaitement la route et nous éviterons les problèmes de parking ! Il nous faudra un peu de temps pour réussir à en alpaguer un devant l’hôtel, car quelques valets de parking efficaces nous piquent les plus beaux ! Nous étudions leur technique, et profitant d’un « banc » plus important, réussissons à trouver notre bonheur. Il faut nous entasser, le véhicule n’est pas vraiment prévu pour cinq et tout le long du trajet, les genoux sous le menton et une carte vaguement dépliée pour repérer notre route, je prie pour que notre chemin ne croise aucun képi. La chance est avec nous, nous atteignons le « Benihana of Tokyo », en avance sur nos amis. Ce restaurant japonais va nous donner l’occasion d’assister à une démonstration de virtuosité culinaire, devant les yeux ébahis des enfants. Des crevettes pourtant coupées en petits morceaux semblent reprendre vie, un oignon tranché se transforme en cratère fumant, le couvre-chef du cuisinier devient panier de basket pour récupérer les queues de crevettes désormais inutiles. Beaucoup de bruit dans le restaurant, ce qui rend la conversation difficile. Mais c’est quasiment un dîner spectacle auquel nous participons. Chacune des tables, configurée en demi-lune, possède son propre chef et le ballet de serveurs qui va avec.

Coucher à 22h30 pour tout le monde…

 

Dimanche 11 juillet - De San Francisco à Yosemite

Nous quittons aujourd’hui San Francisco pour Yosemite. L’empaquetage des affaires, avec un léger surplus, ne pose pour l’instant pas de problème. Les sacs supplémentaires récupérés lors de nos achats sont cependant les bienvenus. La relative harmonie originelle de nos bagages se fissure… Les choses risquent de se gâter, car un arrêt shopping est prévu sur le trajet, au « Gillroy Outlets » vanté par les habitués. Une sorte de « Quai des Marques » où l’on peut, paraît-il, faire de très bonnes affaires. C’est à voir… Nous remontons dans notre gigantesque voiture, direction… l’ouest d’abord, en suivant la rue qui passe devant notre hôtel. Un quart de tour plus loin, nous bifurquons vers le sud, sans trop de difficultés. Facile de s’orienter dans ces conditions. Et depuis hier, nous disposons d’informations supplémentaires sur la manière d’appréhender les stops avec double barres blanches au sol, qui nous avaient laissé un peu perplexes jusqu’à présent. Traversant à l’instinct, nous avions de sérieux doutes sur la justesse de notre conduite. Les quatre rues ayant la même signalisation au sol, c’est en fait l’ordre d’arrivée au carrefour qui détermine l’ordre de passage, une fois que chacun a marqué le stop. Une sorte de FIFO à quatre tuyaux, en quelque sorte ! Une fois de plus, les Américains présentent toutes les dispositions naturelles qui conviennent à ce type de dispositif, là où en France le carrefour deviendrait une sorte de zone de non-droit, un royaume du chacun pour soi où le plus culotté tirerait son épingle du jeu.

Nous rejoignons la US 101 qui nous conduit vers notre destination, via San José. Pensée émue pour cette Silicon Valley, où tant de start-ups sont nées (et parfois mortes). Effectivement, les abords de cette autoroute se parent rapidement des noms des acteurs les plus connus de l’informatique, pour la plus grande joie de Christophe et des enfants qui découvrent, sur des immeubles de bureaux, les noms de leurs éditeurs de jeux préférés, de leurs routeurs, anti-virus, logiciels, j’en passe et des meilleurs… L’endroit ne doit pas être très agréable à vivre néanmoins, il n’y a rien à y faire en dehors des bureaux.

Les yeux sur le compteur de vitesse en même temps que sur le paysage, nous nous apercevons avec surprise que nous sommes pratiquement les seuls à respecter les limitations de vitesse. C’est une surprise ! L’esprit civique de nos hôtes se trouve pris en défaut pour la première fois.

Le « Gillroy Outlet », avec ses magasins de plain-pied étendus sur quatre zones distinctes, se révèle un peu décevant. Il y a forcément beaucoup de marques, mais on perd aussi beaucoup de temps à naviguer de l’un à l’autre, à arpenter les rayons à la recherche de la perle rare, qui soit d’une couleur « portable ». Les soldes sont inégales, ce n’est pas la curée promise, mais cela vaut mieux pour nos finances.

Nous reprenons notre route pour Yosemite, à travers un paysage relativement aride et environné de monts, avec de temps en temps et sans prévenir des champs d’arbres fruitiers et de cultures. De nombreuses pancartes et petites boutiques sur le bord de la route proposent d’ailleurs des fruits. Mais nous allons au pays des ours, où il ne fait pas bon laisser de la nourriture dans sa voiture, nous nous abstenons, malgré l’attrait de leurs fraises de compétition grosses comme des clémentines et goûteuses. Et dire que les fraises n’étaient vraiment pas terribles cette année, en France… Nous espérons nous rattraper plus tard, notamment entre Bryce et Moab où j’ai repéré une ferme bio très alléchante sur le papier.

Nous atteignons aux alentours de 19h le parc de Mariposa Grove, succédané de Sequoia Park qui lui est beaucoup plus au sud et nous obligerons à faire un grand détour. Il est encore temps de visiter, nous confirme la Ranger à l’entrée. Nous faisons un tour d’une bonne heure dans ce petit parc, jalonné de sequoias aux noms évocateurs. Nous découvrons ainsi le Grizzli, un arbre extraordinaire de 2700 ans, qui porte encore très bien son âge. Visible de très loin de par sa hauteur et son envergure, le haut de son feuillage donne une sensation d’irréalité. Est-ce les couleurs, la forme de ses aiguilles, les torsions de ses branches, la luminosité déclinante qui donne une ambiance particulière ? C’est impossible à dire, mais l’impression est bien là, de se retrouver devant un arbre de conte de fées. Je m’attends à tout moment à le voir s’animer pour nous délivrer un message obscur et sentencieux, puis reprendre son immobilité habituelle de vieux sage.

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Retour à la voiture à la nuit tombante, pas d’ours en vue par contre des biches et des écureuils en pagaille. Et des moustiques aussi, assoiffés qui plus est ! C’est le sauve-qui-peut général, nous battons en retraite.

Sur la route entre Mariposa et Yosemite Valley, alors que nous pensions avoir fait le plus dur du trajet, c’est visiblement la saison des travaux, nous contraignant à de fréquents arrêts ou ralentissements. Il nous faudra plus d’une heure pour atteindre notre hôtel.

La mauvaise surprise du jour, c’est qu’ils ont réussi à nous mettre dans deux chambres certes contigues, au premier étage, mais auxquelles on accède par deux escaliers différents, à 20m d’écart… Malgré notre réclamation, ils sont « so sorry » mais ne peuvent nous proposer une autre solution, l’hôtel est complet. Too bad…

Demain matin, direction Panorama Trail, via la navette réservée par téléphone depuis l’hôtel de San Francisco, et qui part à 8h30. Je m’assure qu’au moins de ce côté-là tout est ok, et que nous pourrons acheter avant le départ de cette navette de quoi préparer notre pique-nique de midi. Nous trouvons deux-trois trucs à grignoter au restaurant-bar de l’hôtel, tout le reste est fermé. Il est 22h10…

Il faut expliquer que la vallée de Yosemite jouit d’une configuration particulière. Accessible par une seule route qui la traverse, elle ne propose pas pléthore de logements, qui sont donc en quasi-situation de monopole. Bien évidemment, cela se fait au détriment de la qualité. Il est certes plus difficile, dans cet endroit reculé, de se ravitailler aussi facilement que dans une grande ville. Il n’empêche que les hôteliers sont à peu près libres de pratiquer les prix et la qualité de service qu’ils veulent, vu qu’une fois sur place, vous n’allez pas reprendre votre voiture et la route de montagne pour trouver une hypothétique chambre plus bas. D’ailleurs, tout est fait pour décourager l’usage des voitures individuelles, et les transports par bus offrent toutes les commodités nécessaires. Le problème n’est pas là, mais plutôt sur les structures d’accueil, les seules sur des kilomètres à la ronde.

Résultat : nous nous retrouvons non seulement avec des chambres éloignées, mais en plus d’une indubitable saleté. La moquette foncée camoufle de toute la force de ses motifs chargés de nombreuses taches. Sous le lavabo, le carrelage ne peut faire autrement que de révéler les restes des précédents occupants, papier et autres cheveux… Derrière un lourd double rideau (figé par la crasse ?), nous découvrons la malette d’un précédent occupant, avec une réservation en date du début du mois de juin. Soit un mois avant nous. C’est dire si le ménage est fait à fond…

Heureusement, la bonne surprise viendra de la magnifique balade que nous ferons le lendemain. La nature y tiendra la première place et toutes ses promesses.

 

Lundi 12 juillet - Paradis à "Panorama Trail"

Après une nuit peu reposante (la climatisation ne marchait pas, surprenant !), nous prenons notre petit déjeuner dans la salle commune, grande comme un hall de gare, qui sert de réfectoire. Le sol moquetté de couleurs sombres, de nouveau, et le bruit ambiant n’en font pas un lieu très agréable. Nous nous évadons rapidement de l’endroit et prenons le bus de 8h30, pour rejoindre le point de départ de la randonnée, à Glacier Point (prononcer « Glaichieure Ponhitte » pour être compris !). Le chauffeur du bus, un solide gaillard d’une cinquantaine d’années qui ne répond pas (ben oui, il conduit il n’a donc pas le droit) au doux prénom de Bill nous raconte, tout en manoeuvrant son engin dans les lacets, un florilège d’anecdotes sur Yosemite Valley. Ses origines, les hommes qui ont marqué son histoire, les rivalités et les affrontements qui s’en sont suivis, pour finir son statut de « National Park » grâce au rôle prépondérant joué par Théodore « Teddy » Roosevelt. Ce président, grand amateur de nature sauvage, a créé le statut de parc national, donnant le premier label à Yellowstone. Notre guide nous apprend également que la vallée n’a été découverte par l’homme blanc qu’au milieu du XIXème siècle. Les années suivantes, le schéma habituel et tristement célèbre fut appliqué : déplacement vers des réserves de la population autochtone, qui ne l’a pas supporté, affrontement entre les amateurs de la nature « dans son jus » et les marchands du temple, création des premières voies d’accès (la route actuelle date de 1932). Au final, le site reste ultra préservé, ce qui est une vraie victoire, ce que nous pourrons constater durant notre marche du jour, au milieu d’une nature encore très sauvage où les forêts sont entretenues a minima, et uniquement aux endroits où les arbres peuvent poser un problème de sécurité. Toilettes rustiques, pas de marchands de frites ni de babioles sur le parcours, seulement un magasin au départ pour les habituelles cartes, casquettes et magnets souvenirs ! Du beau travail.

Et la balade sera à la hauteur des efforts qu’elle va nous demander. Quelques 12km, en descente à 90%, avec une belle montée dans la chaleur de la mi-journée qui nous a un peu cuits. Heureusement, ce sera la seule du parcours. Mais aussi des points de vue extraordinaires sur les différentes chutes d’eau (Ililouette, Vernal et Nevada Falls) et surtout quelques apics vertigineux avec un passage sous la brume d’eau de Nevada Fall, point d’orgue de la promenade. Des moments vraiment magiques. Pas d’ours mais de nombreux écureuils et geais bleus. Et une taupe, enfin ce que nous prenons pour tel. Près d’un tronc d’arbre couché, la terre s’anime brusquement et la petite motte soulevée progresse lentement, traçant un hasardeux itinéraire. Un bâton soulevant une partie du sol en surface ne nous permettra pas d’en apprendre davantage, interrompant juste momentanément la progression de la « Bête »… Le timide animal préfèrera rebrousser chemin.

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Les jambes en compote mais réjouis par cette aventure, nous regagnons l’hôtel par la navette gratuite qui parcourt la vallée, car-balais des randonneurs de tout poil. A notre arrivée, la piscine n’est plus disponible que pour des cours de natation. Et son entrée était payante, même pour les clients : 5 dollars pour les adultes, 3 pour les enfants. Cà continue… Après les chambres distantes, les draps plus qu’élimés, les couvertures, dessus de lit et moquette d’une propreté douteuse, nous découvrons, tels les Trois Ours tombant sur Boucle d’Or, que la chambre des garçons a été occupée par une jeune fille qui s’est trompée de numéro. Et pourtant, sa clé ouvre bien notre porte. Nouveau passage à la réception. Je leur ramène par la même occasion la mallette du client précédent. Pour le reste, ils sont « So sorry… », comme d’habitude.

Le bilan de la journée reste largement positif, grâce à cet endroit merveilleux et préservé ; la sensation de calme et d’espace ressentie à de nombreux endroits du parcours – car globalement on est souvent tout seuls, en dehors des points stratégiques où les gens s’arrêtent pour déjeuner ou admirer le coup d’œil – est incomparable. Le Panorama Trail nous a permis de faire un parcours exhaustif du coin, une balade d’une montagne à l’autre comme jamais dans les Alpes.

 

Mardi 13 juillet - Retour dans le passé avec Bodie

Nous quittons sans regret notre hôtel. Le dernier petit déjeuner ne relève pas le niveau de l’accueil. Les mollets de Valentin sont baptisés aux éclaboussures de chocolat chaud par un type au tee-shirt siglé… IBM ! Le malotru part sans rien ramasser ni s’excuser. Ce doit être un commercial… Quant à la caissière, elle n’a pas l’air d’entendre ce que nous lui disons et biffe tous les tickets de petit déjeuner. Emportée dans son élan, elle continue sur un billet de 5 dollars… Une des serveuses qui ramasse les plateaux dans la salle (je devrais dire le hall), affligée d’un fort strabisme et - comme si cela ne suffisait pas - d’une maladresse affligeante, laisse échapper la moitié de ce qu’elle prend sur les tables directement sur le sol, sans passer par la case poubelle de son chariot. D’où l’intérêt, sans doute, de la moquette sombre… qui nous semblait une hérésie pour un restaurant. Nous quittons cette cour des miracles sans regret.

Cahin-caha, nous regagnons notre voiture. Nos mollets – entre autres – se ressentent fortement de notre « trek » de la veille. Ce sont donc trois petits vieux et deux grabataires qui s’installent péniblement dans leur Dodge blanche.

Pour sortir de Yosemite Valley, un long parcours montagneux nous attend, toujours au milieu de pins vertigineux. Eux aussi ont compris que le pays était vaste et qu’ils pouvaient occuper l’espace au maximum sans se marcher sur les racines. Des troncs calcinés portent témoignage des incendies passés. Dans ces scènes de désolation sylvestre, la nature reprend vite ses droits et tapisse de vert le sol tout autour des cadavres noircis. Le contraste de couleurs est frappant. Les versants se succèdent, nous atteignons enfin le sommet pour redescendre vers la Tioga Pass, à 2700 m d’altitude. Commence une descente avec des points de vue encore plus spectaculaires, dignes du « Seigneur des Anneaux ». Pins sur les versants, puis succession de prairies verdoyantes d’herbe grasse dont la verdure est ponctuée de pierres blanches, et parcourue de petits cours d’eau. Quelques coins à pêcheurs. Et un horizon qui s’éloigne encore, jamais nos yeux n’auront pu porter aussi loin.

Nous déjeunons à Lee Vining, puis prenons la route vers le nord-est pour Bodie, la ville fantôme. De route, nous passons à piste, c’est de plus en plus sport. Mais le résultat en vaut la peine. D’un bois très sombre, les maisons sont encore remarquablement conservées. Il y a ici trois mètres de neige en hiver, l’endroit est coupé du monde et, en été, il faut connaître pour y aller. Quelques maisons sont ouvertes et se visitent rapidement, pour les autres nous devinons à travers les vitres poussiéreuses les vestiges des vies passées. Car il y a eu une vie à cet endroit, une vie difficile, bourdonnante, bruyante, décadente même. Ancienne deuxième ville la plus importante de Californie au XIXeme siècle, elle eut pour origine la découverte d’or en 1859 par le prospecteur W S Bodey, qui lui a donné son nom. Du temps de sa splendeur, la ville jouissait d’une très mauvaise réputation, celle de « Sin City » (ville du pêché). La vie y était très dure, l’argent et l’alcool servaient de détonateurs à des situations souvent explosives. La raréfaction du précieux métal et deux incendies (le dernier en 1932) auront raison de l’endroit, abandonné par sa population.

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C’est assez émouvant de découvrir, parfois de reconnaître des objets familiers, laissés là comme s’il avait fallu évacuer les lieux rapidement. Une église, bien sûr, qui arborait auparavant un tableau sur le thème « Tu ne voleras point », avant que des mains mal intentionnées ne s’en emparent…Une école, une banque ou plutôt un coffre-fort, dans une loge de pierre, seul vestige ayant résisté à la dernière attaque et à l’incendie qui a suivi, une loge maçonnique, une centrale électrique la première de son genre) qui a répondu aux besoins de ce lieu si retiré, en réalisant par la même occasion une prouesse technologique. Des toilettes à l’ancienne. Une salle de sport, avec punching-ball, anneaux et trapèze, un bar, un hôtel, des écuries, une glacière, les maisons des notables, légèrement plus grandes que les autres, mais rien d’ostentatoire, ce n’est pas le genre. Les couleurs de bois sur ce paysage tantôt désolé, tantôt verdoyant, suivant de quel côté porte le regard, avec des espèces de petits lys qui poussent un peu partout, et le ciel d’orage couleur plomb qui se prépare… Tout contribue à transformer ce lieu si singulier, hors du temps.

Le musée qui conclue la visite regorge d’objets variés : piège à souris, sérum anti-venin avec sa seringue de compétition, toilettes de dames élégantes, skis en bois, machine à sous, corbillard, documents officiels témoignant des dates importantes de la ville, et souvent liés à la mine, pèse-personne… Un vrai bric-à-brac. Il est même possible d’acheter, pour 10 dollars, une carotte de pierre extraite de la mine de Bodie !

Nous repartons, enchantés de notre visite, direction cette fois-ci Mono Lake que nous avons déjà longé sur sa partie nord pour rejoindre la route de la ville fantôme. C’est d’ailleurs cette berge que nous entreprenons de visiter, en suivant les indications du forum « ouestusa ». Nous bifurquons sur une première route, puis sur une plus petite. « Cemetery road » indique le panneau. On se croirait dans un roman de Stephen King. Qu’importe, nous continuons notre chemin. Et « chemin » est vraiment le terme approprié. De virages en nids de poule, le parcours devient de plus en plus hasardeux, sans autre indication que des panneaux rappelant que l’accès est interdit aux voitures hors 4x4. Mais cela nous semble encore jouable. Après quelques miles et virages choisis un peu à l’instinct, nous apercevons un panneau « Black Point ». Nous touchons au but ! Enfin presque, cette fois-ci il nous faut continuer sur un chemin prévu pour un seul véhicule, sans demi-tour possible. Nous sommes environnés de hautes herbes avec le ciel orageux en toile de fond, je n’ose pas imaginer ce que l’on va faire s’il faut rebrousser chemin… Et au moment où nous allions renoncer pour tenter la marche arrière, les herbes s’écartent enfin pour dévoiler un petit parking. Nous y sommes ! Et tout seuls, en plus. Nous descendons de voiture pour parcourir à pied les 400m qui nous séparent de la berge. Sable noir très fin, puis plus épais, végétation rase, excréments de petite taille, sel en croûte sur le sol, passages plus boueux, tout y passe. Les concrétions calcaires sont quasiment à portée de main. Mais nous nous arrêtons juste avant de toucher l’eau, pour ne pas déranger les nids de mouettes qui s’y trouvent, malgré les réclamations du trio infernal qui se voyait bien prendre un bain. Nous assistons alors à un spectacle étonnant : le gobage de mouches par les mouettes, en mode fantassin. La technique est simple : elles avancent en courant le long de la rive, bec ouvert et ailes collées au corps, cou tendu, faisant fuir devant elles des nuages de mouches de plus en plus denses jusqu’à les gober. Les insectes se dispersent alors, et la course reprend en sens inverse. Il y a aussi les amatrices du gobage à même les vaguelettes, pour celles que les mouches noyées ne rebutent pas.

Le coin a beau être très isolé, nous découvrons néanmoins des traces de pas, humains chaussés ou à pied, mais aussi de chiens, chevaux, lapins. Pour être plus précis, il faudrait consulter le manuel des Castors Junior. Le mien est resté à la maison.

Nous repartons vers Mammoth Lake cette fois-ci, dans un surprenant hôtel style bavarois propre et sympathique. Seule la laverie me donnera du fil à retordre : je vais réussir à mettre le linge par deux fois (avec sa dose de lessive, of course…) dans ce que je pense être la machine à laver avant de réussir à comprendre que le lave-linge, c’est la machine à côté, celle-ci étant le sèche-linge… Bonjour la blonde !

 

Mercredi 14 juillet - Un petit air autrichien à Mammoth Lake

Super, encore des « outlets » ! Mammoth Lake nous offre une nouvelle opportunité de shopping, certainement moins branché que les magasins de San Francisco. Arthur et Capucine dénichent pourtant deux ou trois « babioleries » qui valent le détour. Nous repartons ainsi avec deux pots de pâte gluante qui contribueront, n’en doutons pas, à mettre un peu de fantaisie dans ce voyage. Plus un serpent ébouriffé jaune, un porte-clé « croc » et un « R » brillant de mille feux pour une certaine R…

Nous voici après quelques miles à Lone Pine. Nous déjeunons dans un restaurant décoré de photos de westerns, la plupart en noir et blanc. La serveuse n’est pas spécialement aimable, mais il y a une salle de jeux avec air-hockey, authentique Pacman, flipper… Ils savent recevoir, un vrai bonheur ! L’occasion pour Christophe de prendre sur moi une revanche méritée, après l’affront subi à l’Ile Maurice… soit il y a 11 ans ! Quel rancunier.

Visite au musée du cinéma de Lone Pine. Une impressionnante collection de photos et affiches des films tournés dans le coin, principalement des westerns, mais aussi « Star Trek », « La Charge de la Brigade Légère », et quelques films de science-fiction. Souvent des séries B, mais aussi quelques-uns plus prestigieux avec des noms comme John Wayne, Steve McQueen, Clint Eastwood, etc… Un petit film de quinze minutes retrace les grandes lignes de cette épopée. Une voiture ultra-kitsch nous accueille dès l’entrée, ornée de ses plus beaux atours. Surtout des colts et des winchesters  fixés deci-delà à la carrosserie, au milieu d’une nuée de pièces de monnaie collées un peu partout. Une « coccinelle »  de pièces ! Le tout est très drôle à voir… Je ne suis pas sûre que les enfants y trouvent le même intérêt - nos idoles leur sont souvent totalement inconnues - mais ils sont quand même bluffés par des objets sortant de l’ordinaire. Pour Arthur, un mini juke-box de marque Wurlitzer, pour Capucine des selles plus richement décorées les unes que les autres, pour Valentin peut-être les voitures d’époque.

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Nos provisions d’eau faites, nous nous dirigeons vers Death Valley ; la température extérieure monte inexorablement, jusqu’à 118°F. La voiture résiste, nous tentons quelques sorties photo et même un sprint le long de la route sous la canicule pour les enfants, juste pour voir si c’est aussi chaud que prévu. Promesse tenue !

Le Furnace Creek Ranch, notre hôtel pour le soir, dispose d’une climatisation certes bruyante mais efficace. Heureusement, les sites consultés avant notre départ nous avaient informé de ce désagrément, nous avons donc des boules Quies dans nos bagages. Nous dînons dans un des trois restaurants locaux d’un vrai steak, version XXL comme d’habitude. Surprise du chef, un panier de vrais petits pains se retrouve sur notre table. Il ne passe pas les entrées.

Nos chambres, communicantes pour la première fois, se trouvent près du terrain de golf. L’occasion de voir gambader des lapins aux très longues oreilles, ce soir. Demain matin, peut-être aurons-nous la chance d’apercevoir un ou deux coyotes, qui sait ?

Pour l’instant, il est l’heure de mettre nos boules Quies.

23h37, tout le monde dort.

Juste une théorie au passage, tant que j’y pense. Peut-être que si les certains Américains sont si gros, ce n’est pas seulement à cause de leur alimentation. Le poisson de Capucine, dans son aquarium, prend toute la place qu’on lui laisse. Dans un aquarium plus grand, il serait, paraît-il, encore plus gros. Finalement, le comportement des Américains est peut-être le même. Ils ont tellement d’espace, pourquoi n’en profiteraient-ils pas pour s’étendre ? Ils ont encore de la marge, au vu des déserts à perte de vue que nous venons de traverser.

Bon, je sais, ce n’est pas très sérieux comme théorie… Une fois baptisée, va-t-elle gagner en respectabilité ! Ce sera le « syndrôme du Delturinae » !

 

Jeudi 15 juillet - Canicule à Death Valley, frénésie à Las Vegas

Six heures du matin. Je risque un œil à l’extérieur. Le soleil m’a devancée d’une bonne heure, mais il reste encore de belles couleurs sur le relief surplombant le golf. Je prends l’appareil photo de compétition de Christophe (vais-je maîtriser la bête ?) et entreprend de mitrailler, en variant les réglages (enfin je crois) pour espérer avoir pour chaque vue une prise correcte. Au bout d’une vingtaine de photos, ce bijou de technologie me lâche, « carte pleine » ! Argh ! Espérons que cela suffira. Je m’installe avec un bouquin sur notre terrasse, en attendant que le reste de la troupe sorte des bras de Morphée. Devant moi, un beau tapis d’herbe soigneusement entretenu, comme le reste des espaces verts alentour, par un arrosage systématique toutes les nuits. Moins de dix minutes plus tard, le bâtiment en face de moi, de l’autre côté du « jardin », n’est plus assez haut pour me protéger des rayons du soleil. Et il tape sacrément, le bougre ! La température extérieure doit largement dépasser les 40°, plutôt vers 45°, je me replie dans la chambre.

Nous déjeunons rapidement avec les moyens du bord, complétés par une visite au magasin-épicerie de l’hôtel. Nos excursions du jour seront ultra-limitées, tant la chaleur est dense, pesante. Capucine a beaucoup de mal à supporter les excursions hors de la voiture dans cette fournaise, on ne dépasse jamais les dix minutes dehors avec elle. Pour le reste, nous ferons, Christophe et moi, des sorties à tour de rôle pour prendre en photo les paysages les plus remarquables.

Nous commençons par un tour en voiture sur Artist Drive, pour contempler les curieuses couleurs dont la nature a paré les strates de roches à cet endroit. Une vraie palette d’artiste, d’où le lieu tire son nom. Puis nous revenons sur nos roues pour emprunter la route officielle. Zabriskie Point se présente, après quelques miles, sous la forme d’un grand parking où les autobus sont les plus nombreux. Il faut ensuite monter un plan incliné sur 200m environ, une épreuve avec la chaleur qui règne aujourd’hui. Contrairement à notre arrêt précédent où nous étions tous seuls, une quarantaine de personnes nous environnent. Tous n’ont qu’une envie : parvenir à l’esplanade offrant le meilleur point de vue, prendre une photo avec les montagnes brûlées en toile de fond, et regagner rapidement les véhicules climatisés. Nous n’échappons pas à la règle, dénichant même notre photographe officielle en la personne d’une Anglaise d’une soixantaine d’années, qui sert de guide à un groupe et parle remarquablement notre langue. Elle se moque gentiment des tee-shirts Abercrombie arborés par nos trois enfants, nous demandant si nous sommes sponsorisés…

Nous continuons notre chemin sans autre point de vue où s’arrêter. A proximité de Pahrump, nous apercevons au loin une colonne de chaleur qui forme comme une mini-tornade. Le phénomène se reproduit deux ou trois fois, c’est assez curieux, pas du tout inquiétant (la colonne n’est vraiment pas haute ni large). Nous ne verrons cela qu’à cet endroit. Nous traversons une zone très désertique en terme d’habitations. La principale trace de présence humaine seront ces panneaux disséminés tout le long de la route. Il y a de tout : élection du nouveau shérif, propositions d’avocats de tout poil, offrant leurs services spontanément, mais aussi des dentistes, des vendeurs d’armes à feu… A se demander si Pahrump ne compte pas plus de panneaux que d’habitants.

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Nous y faisons halte pour manger dans notre premier McDonald du voyage, comme… d’autres familles françaises ! Nous sommes sans doute des gens d’habitudes.

Las Vegas est enfin en vue. Le voyage est passé assez vite, d’autant que nous avons bénéficié d’un concert privé des enfants, quand nous sommes tombés sur une radio ni religieuse ni country, qui passait des tubes de Lady Gaga et de Rihanna.

Arrivée à Las Vegas. L’hôtel Luxor est… en fait, ce n’est plus un hôtel, c’est une vraie ville ! Nous laissons le voiturier garer notre véhicule sur le « petit » parking, et un bagagiste récupère l’ensemble de nos paquets et valises, après un décompte sommaire qui m’inquiète un peu. Il me donne un numéro de téléphone à appeler quand nous serons dans nos chambres, avec un numéro de réservation, pour que les bagages nous soient livrés. Je le regarde partir avec un peu d’angoisse… Nous passons au check-in, qui propose plus de guichets que le magasin Carrefour de Montesson n’a de caisses. Par contre, nous faisons la queue assez peu de temps, mais toujours à l’américaine, conduits par des barrières de sangles qui imposent le respect des files ! Direction le quinzième étage de la pyramide, nous traversons les salles de jeu (fermez les yeux, les enfants !) où résonnent les machines à sous, pour rejoindre la bonne batterie d’ascenseurs. Nous découvrons enfin nos chambres et leurs fenêtres en pente. Pas aussi grandes que ce que j’imaginais, mais très confortables !

Pour le reste… La facture d’électricité de l’hôtel doit égaler le PIB de plusieurs pays africains, les machines à sous les plus variées se succèdent, ponctuées par des voitures de sport rutilantes présentées sur des podiums pivotants. Enfin, machines à sous, le terme est désormais abusif. Il vaudrait mieux parler de machines à tickets. Les joueurs vont d’abord déposer une somme aux stands de cash (« cashier »), repartent avec un ticket qui représente cette somme, et qu’ils introduisent ensuite dans les machines pour jouer. Plus de jetons introduits dans une fente et de manette que l’on abaisse pour récolter les trois figures identiques, maintenant un bouton pressé actionne le mécanisme en même temps qu’il débite votre compte. La magie a vraiment disparue… De même, si vous gagnez, n’espérez pas une pluie de pièces. Seulement un « Ting Ting Ting » et un bout de papier qui indique de combien votre compte est crédité…

Des tables de jeux, des serveuses dont la tenue a visiblement subi un lavage trop chaud, perchées sur des talons vertigineux qui accentuent leur déhanché, des lumières, quelques très rares cris de joie. En fait, devant les machines à sous, les joueurs sont plutôt apathiques, comme résignés à ne rien gagner, appuyant machinalement sur le bouton qui débite leur crédit.

Les tables de poker, black-jack et autres jeux de cartes sont plus animés. On sent une tension qui s’exprime sur le visage des joueurs. Autre curiosité : les paris sur le sport. Ce jour-là, Tiger Woods est sous le feu des projecteurs, une partie des grands écrans de télévision qui tapisse le mur de cette salle retransmettent ses exploits lors d’une compétition en Angleterre ou en Ecosse, c’est difficile à dire pour des profanes comme nous. Visiblement, Tiger n’est pas le cheval sur lequel miser pour l’heure…

Drôle de monde que ces immenses salles de jeux ; le temps semble s’y être arrêté, d’ailleurs aucune horloge pour indiquer l’heure. Il paraît que c’est volontaire, pour que les joueurs perdent la notion du temps. A tout moment du jour et de la nuit, ils peuvent manger ou boire. « All you can eat ! », promettent les panneaux au-dessus de certains restaurants. « Jusqu’à ce que votre panse éclate ! », pourrait-on ajouter. Ils sont traités comme des athlètes de haut niveau, dont la seule préoccupation doit être de jouer, jouer, jouer. Les contingences matérielles ne doivent en aucun cas entraver leur soif de gain.

Nous retrouvons nos amis dans le hall à 17h30. A la grande surprise des enfants, qui n’étaient pas dans la confidence, une limousine blanche conduite par Emake, en costume-cravatte, qui nous attend. Le grand luxe ! Nous faisons un tour sur le « strip », avec arrêt obligatoire sous le légendaire panneau Las Vegas pour la photo souvenir.

Le spectacle du soir : « O », du Cirque du Soleil. Les mots ne suffisent pas à traduire la féerie, la poésie et l’émerveillement que suscite ce spectacle. Le cousin d’un collègue de Christophe fait partie des artistes, il nous envoie un SMS pour nous proposer gentiment de le rejoindre en coulisse à la fin du spectacle. Nous spéculons en riant pour deviner de qui il s’agit, parmi les nombreux funambules et plongeurs. Nous en connaissons pas encore Pierre, et quant bien même, il eut été impossible de savoir quel rôle il jouait. Maquillage, costumes, ils sont méconnaissables, et apparemment peuvent tenir plusieurs rôles. Succession de plongeons vertigineux dans la piscine qui occupe les trois-quarts de la scène, acrobaties sur des structures métalliques mobiles et suspendues dans les airs, costumes soignés, personnages aquatiques fantasmagoriques, valets vêtus de rouge évoluant avec un air guindé, on en prend plein les yeux sans parvenir à saisir tous les détails de chaque scène.

Baissé de rideau. Une jeune femme avec un micro-oreillette nous attend près des ascenseurs de service pour nous remettre des badges « visiteurs » et nous conduire jusqu’à Pierre, qui nous reçoit très gentiment dans l’espace des artistes. Il arbore encore son maquillage blanc. Sa carrure traduit le sportif, il nous explique qu’il a fait 15 ans de gymnastique avant d’être recruté par le Cirque du Soleil. Et il offre aux enfants un véritable trésor : une des deux immenses bouées qui ont servi durant le spectacle ! Nous le remercions chaleureusement et repartons assez vite, pour ne pas lui prendre trop de temps sur sa courte période de repos avant la deuxième représentation qui suit.

Dîner au buffet du Bellagio, succulent. Du choix à profusion, tous les types de cuisine sont représentés, les enfants sont assez grands pour prendre en charge eux-mêmes leur repas et se composer un menu relativement équilibré, contrairement à ce que nous aurions pu craindre. Ce sont nos derniers moments en terre américaine avec nos amis, et nous profitons pleinement de ce repas pris entre amis, sans contrainte, dans la bonne humeur habituelle. Nous nous coucherons un peu tard après une balade sur le strip, à pied cetet fois-ci, qui nous permettra d’assister au spectacle de jets d’eau du Bellagio. Les enfants s’amuseront beaucoup avec les artistes ambulants, mimes, sosies de star, etc… Quelle soirée !

Posté par semuritaine à 20:24 - - Commentaires [3] - Permalien [#]